L’Amérique de James Brown et du meatloaf

En 1970, l’Amérique entend sur ses ondes un type hystérique, James Brown,  qui affirme, durant onze interminables minutes, être une « Sex machine« . La chanson « Get Up » deviendra un succès, mais le chanteur noir aura mis du temps à se faire admettre par le public blanc et puritain des États-Unis, déjà décontenancé par la vague hippie qui déferle à ce moment là. Pour évoquer ce moment d’histoire bien particulier, Thierry Marx a choisi pour L’Histoire à la Carte de présenter et de donner sa recette du meatloaf, un plat typiquement américain. Ce « pain de viande », qui se mange chaud avec une sauce appropriée, appartient à la culture populaire de cet immense pays.

Écouter l’émission :

Ingrédients pour 8 personnes : 200 g de viande hachée de bœuf, 500 g de porc haché ou de chair à saucisse, 1 chou vert, une demi-botte de persil, un oignon, un tasse de lait, du cumin, 25 g de sucre de cassonade, 2 cuillère à soupe de moutarde forte, 50 g de tomates, 100 g de croutons de pain de mie, pommes de terre, carottes, coppa, beurre, sel, poivre.

Préparation : Éplucher les pommes de terre, les couper en morceaux et les mettre à cuire dans de l’eau salée pendant 15 minutes. Faire blanchir les feuilles de chou dans de l’eau salée et les faire refroidir aussitôt dans de l’eau glacée. Éplucher et couper les carottes en sifflets, les faire blanchir et refroidir de la même manière. Mélanger les deux viandes hachées plus le persil, les croûtons mixés en chapelure, l’oignon haché, le lait et une cuillère à café de cumin. Beurrer un moule à cake. Le tapisser de feuilles de chou, alternées avec des tranches de Coppa. Y verser la préparation (sauf 50 g qu’on garde pour la sauce) et enfourner à 150° voire 175° pendant 1 heure. (four préchauffé). Pendant ce temps faire chauffer les tomates avec une demi cuillère à café de cumin plus la moutarde et la cassonade. Mixer très finement avec la farce mise de côté. Faire une purée de pomme de terre en les écrasant avec un peu de beurre et du sel. Poêler les carottes au beurre. Servir le Meatloaf démoulé dans un plat de service avec des quenelles de purée et les petites carottes. Arroser de sauce.

Publié dans divers | Tagué , | Laisser un commentaire

Fontainebleau : un berceau de la création musicale

16 08 20 Vincent Droguet2Depuis François 1°, en passant par Louis XV, ou les deux Napoléon, le château de Fontainebleau a été très souvent un siège de pouvoir, de manière parfois oubliée ou méconnue. Surtout, ce fut de tous temps un lieu de création musicale. Par exemple, lorsque Louis XV s’y marie en 1725, Rameau et Bach tentent de surpasser Lully. Or justement depuis le début de l’année, le château a choisi de rendre hommage à ce roi là, et les Fresques Musicales (les 27 et 28 août dans la Salle de Bal et la Chapelle de la Trinité) lui seront largement consacrées, ainsi qu’au Siècle des Lumières dans son ensemble.

La salle de Bal © chateaudefontainbleau.fr

On peut aussi profiter de la fin des vacances estivales pour visiter cet ensemble de 1 500 pièces, déployées au cœur de 130 hectares de jardins. Fontainebleau est le seul site royal et impérial habité continuellement pendant sept siècles. Vincent Droguet, son directeur du Patrimoine et des Collections, est L’Invité Culture.

Écouter l’émission

Publié dans divers | Tagué , , | Laisser un commentaire

La bataille (et le veau) Marengo

Le 14 juin 1800, le premier Consul Napoléon Bonaparte remporte, dans le Piémont, une bataille décisive sur le chemin de sa future puissance impériale. Si Marengo est entrée dans la postérité, ce n’est pas tant pour la stratégie utilisée, car la victoire a été obtenue à l’arraché, mais bien parce que Napoléon l’a utilisée pour sa communication et pour asseoir son autorité. Le veau marengoLa légende veut aussi que, affamé, il ait demandé à son cuisinier, Dunant, de lui préparer un plat à l’issue du combat. Sans doute un poulet, trouvé au village voisin de Marengo, accommodé de légumes et de condiments méridionaux, même si c’est le veau Marengo qui reste aujourd’hui dans les livres de recettes. Retour sur cette aventure dans L’Histoire à la Carte, avec Thierry Marx.

Écouter l’émission :

Ingrédients : 1,5 kilo de quasi de veau (ou d’épaule mais c’est un peu plus gras) coupé en gros morceau, 10 cl d’huile d’arachide, 500 g d’échalote (prendre de la « cuisse de poulet », une grosse échalote longue), 1 kilo de tomates, 50 g de farine, sel et poivre, un bouquet garni.

Préparation : Monder et épépiner les tomates. Faire revenir la viande « à coloration » dans l’huile, l’égoutter, réserver l’huile dans une poêle. Singer la viande (la saupoudrer de farine), et la repositionner dans la cocotte dégraissée ; faire torréfier quelques minutes, mouiller à hauteur d’eau, et ajouter le bouquet garni. Faire cuire dans un four préchauffé à 220° C pour 45 minutes. Pendant ce temps, éplucher les échalotes, les tailler dans le sens de la longueur, et les faire revenir à la poêle dans le reste d’huile d’arachide, y ajouter les tomates, laisser « compoter ». À mi-cuisson du veau (environ 20 minutes), ajouter le mélange tomates-échalotes. Servir avec un bon vin italien.

Publié dans divers | Tagué , | Laisser un commentaire

Quand le soleil colorie les silos de Laurent Grasso

laurent_grasso_-_solarwind-3198_0

Les silos de Laurent Grasso © Romain Darnaud

Comment rendre esthétique deux immenses silos de béton sur le bord d’une route ? L’artiste contemporain Laurent Grasso a trouvé une belle idée, poétique et scientifique, inquiétante et apaisante, en projetant sur ces deux cylindres de 40 mètres de hauteur qui bordent le périphérique parisien (ce n’est pas n’importe quelle route !) des couleurs évoluant selon les… vents solaires. Ces fausses aurores boréales – le projet s’appelle Solar Wind – apportent une touche de douceur dans un environnement plutôt brutal entre les voitures qui défilent, les voies ferrées voisines, et l’urbanisme de la capitale. Laurent Grasso est L’Invité Culture.

Écouter l’émission

Publié dans divers | Tagué , | Laisser un commentaire

1792 : la tomate monte à Paris

La tomate est arrivée en France dès le XVI° siècle, d’Amérique du Sud (en passant par Naples). Elle s’est d’abord cantonnée dans les régions méditerranéennes. Son aspect rouge satanique et son cousinage avec la mortelle belladone l’ont tenue éloignée des fourchettes durant deux siècles. Tomate farcie.Elle décorait simplement, ou servait pour des potions médicinales. Mais les Méridionaux commencèrent à se l’approprier, d’abord en la faisant cuire en sauce, puis en osant la croquer. Montant à Paris en 1792 pour défendre la révolution face aux Autrichiens, les Fédérés de Marseille emportèrent avec eux un chant, devenu la Marseillaise, et la tomate que le critique gastronomique, et cuisinier à ses heures, Grimod de la Reynière, eut l’idée de farcir ; en tout cas il prétend être l’inventeur de ce plat que nous propose Thierry Marx dans L’Histoire à la Carte.

Écouter l’émission :

Ingrédients pour quatre : Quatre grosses tomates (marmande ou cœur de bœuf),  500 g viande crue hachée (porc ou bœuf), 150 g d’oignons frais hachés, une botte de ciboulette, gros sel, poivre, une cuillère à soupe d’huile d’arachide ou d’olive.

Préparation : Couper un chapeau aux tomates, les évider, et les saler légèrement avec le gros sel pour qu’elles dégorgent un peu. Mélanger la chair de viande aux oignons finement ciselées et à la ciboulette, poivrer. Reposer le chapeau sur les tomates, y verser une goutte d’huile (graisser aussi le fond du plat), et mettre au four préchauffé à 145 degrés pour une cuisson d’environ 20 minutes (on peut vérifier la température en piquant avec un  couteau). Servir par exemple avec du riz ou des flageolets.

Publié dans divers | Tagué , | Laisser un commentaire

L’écriture assurée de Victor Hugo

notre_dame_de_paris_10Dès ses premiers écrits, Victor Hugo prit conscience de l’importance des traces qu’il laisserait.

Il fit donc tout pour pérenniser ses manuscrits auprès de la Bibliothèque Nationale de France. Ainsi pour l’un de ses tous premiers romans, déjà chef d’œuvre à peine sorti : Notre Dame de Paris.

Plusieurs feuillets disparurent, à tel point que l’écrivain les rédigea de nouveau, puis ils réapparurent ; aussi, pour la première fois que ce texte de plume est publié, les deux versions y cohabitent (pour les feuillets en question). 9a40adde1031343237373036373835313930323038L’occasion de découvrir l’assurance du jeune Hugo par ses mots alignés franchement, avec à peine quelques ratures, et de rares ajouts sur la marge de gauche.

Jessica Nelson (ci-contre), cofondatrice des Éditions des Saints Pères, et elle-même romancière (son dernier livre « Tandis que je me dénude » est sorti chez Belfond l’an dernier), est L’Invité Culture.

Écouter l’émission :

Publié dans divers | Tagué , | Laisser un commentaire

L’histoire d’un fauteuil !

Le 23 juin 2011, Amin Maalouf était élu à l’Académie Française, au fauteuil de Claude Levi-Strauss, numéroté 29 sous la Coupole. L’écrivain franco-libanais, dix-neuvième immortel à y siéger, s’est depuis pris d’affection pour ses dix-huit prédécesseurs. À tel point qu’il les présente presque « amoureusement » dans un livre passionnant : Un fauteuil sur la Seine, chez Grasset.

maaloufDu premier, un illustre inconnu du nom de Pierre Bardet reçu en 1634 (année de naissance de l’Académie) et mort noyé quelques semaines plus tard, au dernier avant lui, le prestigieux ethnologue « qui chérissait les cultures fragiles » comme le résume l’auteur en tête de chapitre, ce sont près de quatre siècles d’histoire de France qui défilent en dix-huit histoires personnelles, parfois romanesques, parfois quasi « nationales », souvent émouvantes, émaillées de cultures, de religion, de guerres et de pouvoir, parsemées de savoureuses anecdotes, et toujours racontées avec passion, talent, et délicatesse par la plume qui obtint le Goncourt en 1993 pour Le Rocher de Tanios.

L’occasion de passer quelques heures formidables en compagnie de personnages hors du commun, même pour ceux qui sont aujourd’hui tombés dans l’oubli.

 

Publié dans divers | Tagué , | Laisser un commentaire