Les clefs d’une passion

danse LVIl reste quelques jours pour aller voir l’exposition Les clefs d’une passion à la Fondation Louis Vuitton, à Paris. Quelques œuvres majeures des plus grands peintres, autour des quatre piliers de l’établissement : l’expressionnisme, la contemplation, le pop, et la musique. Munch LVSur la première ligne, on retrouve Le Cri originel de Munch, peint sur son carton, deux très beaux Bacon, et une série inédite signée d’une femme qui décrit les injures du temps sur son propre visage : Helene Schjerfbeck. Dans la partie contemplatives, quelques uns des Nymphéas Bacon LVde Monet, des Picasso, des Mondrian, et un Bonnard. La vitalité des peintures popistes se lit sous les pinceaux de Léger ou Picabia. Enfin autour de la musique, la plus belle version de La Danse de Matisse, et des intrigantes visions signées Kupka. Bref, des peintures fortes, à découvrir jusqu’au 6 juillet prochain.

Bien sûr, les autres expositions de la fondation sont accessibles, et le lieu en lui même demeure l’objet d’une visite en détail, avec ses terrasses offrant des vues inédites sur la défense, sur le bois de Boulogne, ou sur Paris ; avec aussi cette immense cascade en escalier qui berce doucement et rafraichit (en ces période de grande chaleur) ; avec enfin cette structure de voiles de verre, et ces panneaux en pierre blanche soutenus par des tonnes de métal invisibles de l’extérieur (le bâtiment en porte davantage que la Tour Eiffel), bref résumé là tout le génie de Frank Gehry.

© B. Thomasson

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Quenelles à la Nantua : que faire de tous ces brochets ?

Au 19° siècle, les brochets pullulaient dans la Saône et les lacs du Bugey. Ces poissons voraces dévastaient les fonds des rivières, or comme ils sont particulièrement fournis en arêtes, on renâclait à simplement les poêler. Un pâtissier eut alors l’idée de marier la chair du brochet, broyée, à de la pâte à choux, pour inventer une nouvelle forme de panade : la quenelle. La succès fut fulgurant. La sauce Nantua agrémenta le tout. Ainsi naquit un plat légendaire de la cuisine lyonnaise, dont les « mères » furent longtemps l’emblème, et que vous propose Thierry Marx dans L’Histoire à la Carte.

Écouter l’émission :

Ingrédients pour 8 personnes : 500 g de filets de brochet crus (on peut les acheter congelés), 20 cl de lait, 130 g de beurre, 10 g de sel, poivre, 125 g de farine, 6 œufs ; pour la sauce 12 écrevisses, 140 g de beurre, 40 g de farine, 50 cl de lait, 20 cl de crème fraiche épaisse.

Préparation des quenelles : Mixer les filets de brochet pour les réduire en poudre, les réserver au froid. Faire fondre 30 g de beurre avec le sel, le poivre, et ajouter la farine à feu très doux, puis incorporer le lait ; laisser cuire et bien mélanger à la spatule jusqu’à obtention d’une pâte homogène qui n’adhère plus aux parois. Laisser reposer à couvert. Une fois que cette panade et les brochets sont bien froids (on peut même placer le brochet quelques minutes au congélateur), on mélange les deux ensemble au mixeur pour obtenir une pâte très fine. Y incorporer les œufs un à un (c’est très important), au mixeur ou au fouet ; ajouter le reste du beurre et bien mélanger. Laisser reposer au moins quatre heures au réfrigérateur. Pour mouler les quenelles, utiliser deux cuillères à soupe pour leur donner forme. Les pocher ensuite une dizaine de minutes dans de l’eau frémissante.

Préparation de la sauce Nantua : Le temps que la pâte repose, avant de pocher les quenelles, préparer la sauce en jetant les écrevisses (on peut utiliser des surgelées) dans une eau à ébullition, les faires revenir dans une cocotte avec de l’huile et du beurre, les singer avec de la farine (que l’on saupoudre sur les écrevisses entières). Bien mélanger, ajouter le lait, la crème fraiche, et laisser cuire en remuant pendant une petite demi-heure. Broyer le tout dans un mixer, et filtrer. Remettre la sauce à cuire pour l’épaissir et en napper les quenelles. On peut aussi passer le plat au four avant présentation.

 

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Soyez un héros !

Course 2Le week-end dernier, quelques milliers de coureurs ont participé à une épreuve pas comme les autres, en matière de running, la Course des Héros. Deux rendez-vous étaient fixés, à Paris au parc de Saint-Cloud et à Lyon au parc de Gerland. Par un crowfunding (des dons individuels sur Internet) en amont, des dizaines d’associations ont collecté de l’argent pour des bonnes causes. Il y avait là des Course 1fondations pour la santé, des associations humanitaires, des ONG, des entreprises, des regroupements professionnels caritatifs, etc. Dans le lot, Cent pour Sang la Vie (contre les leucémies), dont je suis le parrain, et pour laquelle vous pouvez encore effectuer un petit geste en cliquant ICI. En 5 ans, 8 millions d’euros sont tombés dans l’escarcelle des associations.

Voici le reportage que j’ai diffusé pour l’occasion sur France Info :

Course 3

En course avec Lauren Petitguillaume

course 4

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Le Paris-Brest en hommage aux cyclistes entre les deux villes

À la fin du 19° siècle, le cyclisme devint un phénomène national. Les boyaux réparables, l’attrait de la compétition, l’effort donné en exemple, furent autant d’arguments pour multiplier les courses. Souvent, elles étaient organisées, sponsorisées, et promues par des journaux. Hebdomadaires et quotidiens se comptaient alors par dizaines, dans chaque ville, chaque département, et se vouaient à une concurrence féroce. Ainsi, pour rivaliser avec un Paris-Bordeaux, le Petit-Journal conçut une aller-retour entre Paris et Brest, 1200 km sans s’arrêter. Seul l’invention du Tour de France permettrait, quelques années plus tard, de faire mieux encore. Et c’est pour rendre hommage aux forçats de la route que l’organisateur de la course demanda à son boulanger de créer un gâteau en forme de roue de vélo : le paris-brest ! Thierry Marx, pour L’Histoire à la Carte, vous en livre sa version.

Écouter l’émission :

Ingrédients : pour la pâte à choux 30 g de beurre, 40 g de farine, un demi-litre d’eau, 5 cl de lait, 3 œufs, une pincée de sucre et une pincée de sel, 60 g d’amandes effilées ; pour la crème pâtissière : 150 g de beurre, 30 g de praliné noisette, 250 g de crème pâtissière vanille.

Préparation : Porter à ébullition le lait, l’eau, et le beurre, (avec sucre et sel) et incorporer la farine en une seule fois. Bien dessécher la pâte, et la réhydrater en ajoutant les œufs un par un. Placer le mélange dans une poche à douille et dresser un large cercle sur une plaque avec feuille cuisson. Saupoudrer avec les amandes, et mettre à cuire dix à quinze minutes au four préchauffé (200 °C). Pendant ce temps mélanger la crème pâtissière et le praliné noisette, bien émulsionner, et rajouter le beurre ; foisonner le tout pour obtenir une mousse comme une chantilly montée. Quand la pâte est cuite, couper le chapeau, garnir avec la crème, saupoudrer de sucre glace, et réserver au frais.

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Ritsos et New York

New York © B. Thomasson

« Mère, mère

dont nous avons refusé

la tendre sagesse des larmes

où est ta main indulgente

avec l’expression de la patience

où est ta main

que nous entendions l’aube et la mer

que nous réchauffions la solitude ? »

Yannis Ritsos, La marche de l’océan, 1940.

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Buenos Aires à l’honneur

indexDavid Lelait-Helo racontait l’autre jour, au prix Folire pour lequel son livre est en sélection officielle, pourquoi l’Argentine cherche ses racines : « On dit des Mexicains qu’ils descendent des Aztèques, des Péruviens qu’ils descendent des Incas, et des Argentins qu’ils descendent du bateau ! » Au-delà du bon mot, voilà qui démontre comment une poignée de colons, s’installant au XVI° siècle à l’embouchure d’un fleuve, ont fondé ce qui est devenue aujourd’hui une mégapole de près de quinze millions d’habitants : Buenos Aires (« bons vents »). Dans son roman, l’écrivain donne la parole aux murs d’une demeure menacée de destruction ; ils se mettent à révéler le drame de la vieille dame qui y habite depuis plus d’un demi-siècle. Trois héroïnes pour un seul livre : Soledad Salvador, sa maison, et la ville.

IMG_2309La capitale argentine est aussi au cœur d’une exposition à découvrir à la Maison Rouge, cette fondation d’art contemporain rivée au bassin de l’Arsenal, à Paris. Après Winnipeg et Johannesburg, Buenos Aires est la troisième ville présentée là, dans le cadre d’une IMG_2317exposition inédite, et donnant lieu à un catalogue en forme de guide-découverte des artistes. Ils sont plus d’une soixantaine à exposer leurs œuvres, de l’installation à la peinture, de la vidéo à la photo, de la sculpture au collage.

Décrite par Malraux comme « la capitale d’un empire qui n’aIMG_2311 jamais existé », cette cité, plus européenne même que certaines du vieux continent, disperse souvent une trainée de nostalgie derrière elle, un romantisme et une magie liés au tango, à la beauté des paysages alentour, ou aux écrits de Jorge Luis Borges. Or l’exposition en prend le IMG_2316contrepied, par une déambulation entre le politique et l’intime, l’espace public et le domestique, l’éveil et l’inconscient ; l’instabilité, la tension, le cryptage, ou l’étrange y apparaissent alors comme des thèmes majeurs.

My Buenos Aires, jusqu’au 20 septembre à La Maison Rouge.

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L’amour à la folie

On se souvient cette histoire incroyable d’un père de famille qui avait enlevé ses enfants pour les élever, quasiment en ermite, dans les forêts pyrénéennes. Revenus à la société à la fin de leur adolescence, après onze années passées dans les bois au rythme de la nature, les fils avaient défendu leur géniteur qui ne fut finalement condamné qu’à deux mois de prison. L’affaire Xavier Fortin a été portée à l’écran, dans le film Vie sauvage de Cédric Kahn avec Mathieu Kassovitz, il a aussi inspiré l’écrivain Olivier Sebban, qui s’en est librement inspiré pour son roman Roi mon père (Le Seuil).

sebbanMalgré la force passionnée de l’homme pour ses enfants, construite néanmoins sur la destruction du lien maternel, malgré un rêve obstiné de vie idéale dans la pureté (et la dureté) des hauteurs enneigées, à l’inverse de l’histoire vraie, le récit d’Olivier Sebban conduit à l’impasse. L’amour est poussé à son extrême, jusqu’aux confins de la folie. L’aventure métaphysique est un échec que l’auteur – dont on ignore les blessures intimes – construit page après page, dans la froideur d’un hiver glacial qui gèle toute croissance d’une relation, impossible dès son amorce, entre les trois, père et fils. Comme le précise la quatrième de couverture, la nature « renvoie froidement l’homme à sa juste mesure ». Un très beau livre, à l’écriture exigeante, et riche de sa douleur.

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