Christine Orban suspend le temps…

DébordéeJ’aime beaucoup cette phrase de Prévert : « Le temps nous égare, le temps nous étreint ; le temps nous est gare, le temps nous est train« . Tant d’images se bousculent dans ces quelques mots du poète. Le voyage, le mouvement, le transport, l’immobilisme, la vie qui passe, l’absence de perspectives, des horizons qui s’ouvrent, le maelström des journées trop remplies, etc.

Christine Orban aime Prévert. J’aimais Christine Orban romancière, j’adore Christine Orban artiste. Jusqu’au 9 novembre, elle expose ses collages à la galerie 55Bellechasse, à Paris. Des œuvres qui racontent le temps, avec élégance, talent, et beauté. Une Courir après le tempsvoiture de sport et un chronomètre désignent l’expression « gagner du temps ». Des femmes portant le voile intégral et un cadran de montre en guise de visage pour évoquer un « autre temps ». Une femme cachée par une horloge et qui, ainsi, court « derrière le temps ».

« J’écris et je pratique le collage en alternance. Ce sont deux activités très différentes chez moi, qui complètent ma vision du monde » explique la romancière. Si ses livres sont des best-sellers (le dernier : « Quel effet bizarre faites-vous sur mon cœur« , Ponctuelchez Albin Michel), gageons que ses toiles vont lui offrir une nouvelle renommée. Comme le souligne le directeur de la galerie d’Art qui l’accueille, Bertrand Scholler, toute son oeuvre est « finalement un souverain délice pour soigner, avec ou sans mots, les maux du cœur et de l’esprit, avant que le temps n’emporte tout sauf cette belle empreinte » qu’elle nous laisse.

Soyez ponctuels ! Vernissage mardi 21 octobre à 19h, au 55 rue de Bellechasse à Paris. A voir jusqu’au 9 novembre.

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Quelles sont les vertus du céleri ?

Organic elery (root celery and leaves of celery)Homère, déjà, l’évoquait dans L’Iliade, sous son nom grec de selenon. En Asie, les Chinois ont développé leur propre espèce, plus juteuse. Aux Amériques, il a été introduit par les Européens il y a fort longtemps. Le céleri est un légume que nous avons oublié depuis nos repas de cantine scolaire, et son goût de terre assez marqué rebute parfois pour l’intégrer à un recette.

Pourtant, qu’il soit en branche ou rave, le céleri est une plante qui combattrait la constipation, soulagerait les rhumatismes, traiterait le psoriasis, et disposerait de vertus aphrodisiaques. Afin de le mettre à l’honneur dans « L’Histoire à la Carte », Thierry Marx a choisi de le préparer en semoule, comme du couscous, ce qui atténue son caractère fort.

Ecouter l’émission ici : 

Ingrédients pour quatre personnes : 

Quatre céleris rave, 80 g de raisins secs blonds, le jus d’un citron jaune, 50 g de beurre, sel et poivre.

Préparation : 

Éplucher le céleri, le tailler en cubes puis le râper avec une râpe micro-plane de façon à obtenir une texture très fine (proche de celle d’une semoule de couscous). Arroser du jus de citron et presser dans un linge pour extraire un maximum de jus. Réhydrater les raisins dans un bol d’eau tiède. Dans une poêle, faire sauter au beurre la semoule de céleri et ajouter enfin les raisins bien égouttés. Rectifier l’assaisonnement avant de servir chaud.

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Du mordant pour Le Bal des Vampires

Le Bal Des Vampires Mogador Teatre ParisLe film de Roman Polanski Le Bal des Vampires arrive sur scène, à Paris, au Théatre Mogador, où c’était hier soir l’évènement musical de la rentrée. Le réalisateur en assure lui-même la mise en scène, sur des musiques de Jim Steinman et un livret de Michael Kunze. On se souvient de l’histoire, ce professeur Abronsius en voyage en Transylvanie en compagnie de son assistant Alfred à la recherche de vampires.

La production néerlandaise, qui s’est installée de longue date à Mogador (Le Roi Lion, La Belle et la Bête), théâtre qu’elle a acheté en 2005, engage les moyens suffisants pour un spectacle rodé à la perfection. Les décors tournent sur eux-mêmes passant de l’intérieur à l’extérieur de l’auberge, recréant le château des vampires en 3D, le cimetière apparait en Le Bal Des Vampires Mogador Teatre Parisplan incliné. Les voix sont à la hauteur de la comédie, et je retiens surtout celle de Stéphane Métro (comte Von Kroloc) et de David Alexis (professeur Abronsus).

Un seul regret, la présence très (trop ?) marquée de la mélodie Total Eclipse of the Heart de Bonnie Tyler, écrite par… Jim Steinman, ainsi que des textes sombrant parfois dans des jeux de mots trop facile. Mais au final, ce Bal des Vampires offre une très belle soirée, donne suffisamment de frissons, et ne manque pas de… mordant !

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Grégory Bakian en show case : « Je prends »…

10407895_10154713221355585_2183875502084567562_nJ’ai découvert Grégory Bakian lors d’une soirée hommage à Serge Lama que j’animais l’an dernier. Très belle voix, du coffre, une émotion à fleur de peau, et des textes solides sur une musique pop-rock bien enlevée. Ce garçon a un bel avenir devant lui. Ancien champion de haut niveau de carting, il a délaissé le volant pour saisir un micro, et il a bien fait.

Travaillant désormais avec des pointures comme François Welgryn (Johnny, Amel Bent, Céline Dion) ou Peer Aström (Madonna, Britney Spears, Jenifer Lopez), il sort son premier EP six titres, réalisé par le talentueux Olivier Reine (arrangeur pour Obispo ou M Pokora). On trouve sur ce disque (à télécharger sur toutes les plateformes sous le label Seiya Records) son dernier single « Je prends » ; la chanson qui l’a fait connaître en 2012 : « Ce qui ne tue pas nous rend plus fort » ; et le titre que lui a offert Charles Aznavour : « L’adolescence« . téléchargement

Première partie de Patrick Fiori, Hélène Ségara, Vincent Niclo ou Patrick Sébastien, son show case d’hier soir prouve qu’il est désormais prêt à s’envoler de ses propres ailes.

Écouter le dernier single de Grégory Bakian, « Je prends », ici :

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Oser Sade à Orsay…

Portrait du jeune Sade par Charles van Loo

Portrait du jeune Sade par Charles van Loo

Sade, né un quart de siècle après Charles Boucher, n’a donc jamais connu ce conseiller au Parlement de Paris et Prévost des marchands. C’est pourtant chez lui, ou presque, que le Marquis se retrouve jusqu’en janvier prochain, puisque ledit Boucher, seigneur d’Orsay petite localité du sud francilien, a donné son nom à un quai, qui l’a ensuite glissé par contagion au ministère des Affaires étrangères, puis à une gare devenue Musée.

Picasso "Figures au bord de la mer"

Picasso « Figures au bord de la mer »

Dans Les Cent Vingt Journées de Sodome, Sade écrit : « Combien de fois, sacredieu, n’ai-je pas désiré qu’on pût attaquer le soleil, en priver l’univers, ou s’en servir pour embraser le monde ? » Attaquer le soleil, tel est le titre de l’exposition présentée au Musée d’Orsay à l’occasion du bicentenaire de la mort de l’écrivain. Avec pour ambition de montrer comment, avant de devenir majeure dans la pensée du XX° siècle, l’oeuvre de Sade a induit une part de sensibilité dès le XIX° siècle, par exemple chez Delacroix, Moreau, Ingres, Degas, Cézanne, ou Picasso.

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Delacroix « Médée furieuse »

Ainsi que l’exprime la commissaire Annie Le Brun, cette pensée « découvrant l’imaginaire du corps, va amener à la première conscience physique de l’infini. » À voir jusqu’au 25 janvier 2015.

Par ailleurs, en écho à cette exposition, l’auditorium du musée propose un cycle de films consacrés à Sade, dont Le Divin Marquis de Sade d’Enfield, Salò de Pasolini, ou La Vie criminelle d’Archibald de la Cruz de Buñuel.

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Le Nasi-Goreng fait voyager

Fried riceLa cuisine est le meilleur vecteur du dialogue. Thierry Marx me racontait un jour comment, lors d’un séjour en Israël, il a réconcilié un Palestinien et un Israélien en leur composant un falafel maison ! La cuisine est aussi un vecteur d’intégration. Ainsi la belle aventure d’une poignée d’intellectuels exilés indonésiens qui, arrivant à Paris sans le sou, ouvrent un restaurant pour gagner leur vie. L’Indonésia existe toujours, et c’est la fille de l’un d’eux, Anita qui a repris les fourneaux. Quand à Thierry Marx, il raconte ici pour quelle raison très personnelle il avait envie de parler du Nasi-Goreng, le plat national en Indonésie.

Ecouter l’émission sur le Nasi Goreng ici : 

Ingrédients pour une personne : 

1 œuf, 80 g de poitrine de poulet, quelques gouttes de sauce soja de sauce d’huître et de sauce soja sucrée, 100 g Riz Thaï, un peu de sauce chili, 20 g de carottes, 20 g concombres, 20 g de cornichons, 10 g de beignet de crevettes, 40 g de poulet, 40 g de bœuf, 40 g de gambas, de la coriandre, un peu d’échalote et d’oignon.

Préparation : 

Laver et ciseler les légumes avant de les faire suer à l’huile d’olive. Ajouter les dés de volaille et la gambas préalablement coupée en 3 et enfin, la pâte de chili. Ajouter le riz et faire un ensemble bien homogène. Assaisonner de sauces soja, sauce d’huitre. Colorer le poulet, le bœuf et les crevettes dans une poêle.

Présentation :

Dans une assiette plate (ou mieux, une feuille de bananier), mettre le riz , assaisonner, dresser les viandes en brochettes et les légumes à côté. Frire les chips de crevettes et déposer l’œuf au dessus.

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Le temps des Mayas

Les Mayas. Voilà un peuple à la fois mystérieux et attirant. Cette civilisation, née de la forêt vierge, qui s’est établie sur plus de trois siècles entre le Yucatan et le Chiapas mexicains, le Guatemala, le Belize et l’ouest du Honduras. On a tous rêvé d’aller à Chichén Itzá, Palenque, Tikal, escalader ces temples aux immenses escaliers en terrasses.

En 2012, il a beaucoup été question des Mayas avec leur calendrier qui prédisaient pour cette année là la fin de l’âge du maïs, leur plante sacrée (et non la fin du monde). Partout, de la bien peu hospitalière jungle tropicale à l’aride plaine calcaire de la péninsule yucatèque, ou encore dans la cordillère volcanique du sud, ils ont su édifier de grandes cités-états, un peu comme celles des Grecs anciens.

Le musée du Quai Branly, à Paris, plonge au coeur de cette civilisation, avec l’exposition « Mayas, révélation d’un temps sans fin« . Sublime présentation et mise en scène d’objets, de réalisations architecturales et artistiques, de statuettes, de masques, et de pièces des rites funéraires. Le bleu maya apparait sur un disque de mosaïques de coquillages, corail, et ardoise. Un dieu solaire en jadéite donne à l’astre vénéré un vert inouï.

© B. Thomasson

Un vieillard émergeant d’une fleur représente un dieu ancien qui soutiendrait le monde. Sans parler des sculptures comme celle de la Reine d’Uxmal, du cercle de jeu suspendu en hauteur, ou de l’écuelle polychrome en céramique ornée d’une tête d’animal tenant dans sa gueule un visage humain.

Les Mayas, dit-on, avaient une parfaite maitrise de la nature et des cycles, du temps qui passe. Pour eux, le temps est le mouvement même de l’espace. Leur passion pour comprendre les transformations du cosmos leur fit développer un extraordinaire système calendaire. Il faut donc prendre le temps d’aller à leur rencontre, jusqu’en février, au Quai Branly. À moins, et c’est encore mieux, de pouvoir s’offrir un voyage découverte dans les forêts perlées de temples, comme ici dans le Yucatan :

© B. Thomasson

© B. Thomasson

© B. Thomasson

© B. Thomasson

 

 

 

 

 

 

 

Ecouter la musique de l’exposition ici :

 

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