La clémentine de Noël

Fond de clémentines corsesL’Orange de Noël est le titre d’un des premiers livres de l’écrivain Michel Peyramaure. Cet agrume a longtemps été si rare qu’il n’était offert que pour les grandes occasions. Cadeau de cour sous les rois de France, cadeau de Noël dans les familles les plus modestes, jusqu’à l’immédiat après-guerre. Et les oranges, clémentines, et autres mandarines marquent aussi l’arrivée de l’hiver par leur fragrance si particulière qui embaume les étals.

La clémentine, découverte au début du XX° siècle par le moine Clément, en Algérie, est arrivée en Corse en 1925, et l’Île de Beauté représente aujourd’hui la signature de ce produit dont elle assure l’unique production française. Thierry Marx vous invite, dans l’Histoire à la carte, à composer une salade de clémentines.

Ecouter l’émission ici :

Ingrédients pour 4 personnes :

8 clémentines, 1 citron vert, du sirop de sucre de canne, de la menthe fraîche.

Préparation : 

Éplucher les clémentines, prélever les quartiers débarrassés de leurs membranes, et récupérer le jus. Presser le citron vert et râper le zeste, puis mélanger le jus des clémentines avec le zeste et le jus du citron vert. Dresser les quartiers dans des assiettes creuses, arroser du jus obtenu et d’un peu de sucre de canne (on peut aussi simplement assaisonner d’un trait de jus de citron et de quelques grains de sucres de canne). Décorer le tout d’un petit bouquet de menthe ciselée. Laisser reposer 15 minutes au frais, mais pas à grand froid, et déguster.

Publié dans divers | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Jules Verne à la lettre

extraitLire Jules Verne c’est déjà une aventure, un voyage littéraire extraordinaire, qui a bercé nos jeunes années, et qui continue de faire rêver à l’âge adulte. Mais pouvoir appréhender l’écriture du romancier d’anticipation, c’est un plus formidable : découvrir son monde intime, entrer dans sa personnalité, sentir l’homme derrière les mots, imaginer sa façon de penser… On le voit, là, plume à la main, devant son bureau, réfléchir aux tournures de phrases. On le surprend, ici, à barrer telle expression, à rajouter un adjectif, à former les lettres. Et quelles lettres ! De belles lettres, dans la forme autant que sur le fond. Avec élégance et détermination, Verne avance dans son texte, et plus le récit progresse, plus les lignes se resserrent, comme si l’écrivain était pris dans le tourbillon de son imagination. La partie droite de la feuille est laissée vide pour s’autoriser de nouvelles corrections. Ce manuscrit est une pièce rare à savourer.

couv

Auteur français sans doute le plus traduit dans le monde (avec Saint-Exupéry), Jules Verne était surnommé par le Times « le prince des conteurs« . L’idée d’un récit sous-marin lui a été soufflée par Georges Sand, bluffée après la lecture de Cinq semaines en ballon et Voyage au centre de la terre. Plusieurs titres furent testés, avant l’adoption définitive de Vingt mille lieues sous les mers.

Paysages sous marins de l'ile Crespo

Paysages sous marins de l’ile Crespo

Ici le terme désigne la lieue métrique (quatre kilomètres) et non la profondeur. C’est donc une référence à la distance parcourue par le Nautilus (80 000 km).

Conservé à la Bibliothèque nationale de France, le manuscrit avait été cédé par le fils de Jules Verne au prince Roland Bonaparte, qui fut président de la Société de Géographie de 1910 à 1922. On peut le voir sur Gallica, mais les Éditions Les Saints-Pères le proposent en coffret de luxe, pour les amateurs de belle littérature (même avec ratures), enrichi des gravures de l’époque signées Alphonse de Neuville et Edouard Riou.

Le dernier mot pour Jules Verne : « Si je ratais ce livre-là, je ne m’en consolerais pas. Je n’ai jamais eu un plus beau sujet entre les mains. »

Ecouter l’entretien avec Jessica Nelson, direction des Editions Les Saint-Pères, ici :

Publié dans divers | Laisser un commentaire

Un peu de saumon pour les fêtes

Plat de saumonSaviez-vous que le saumon est un animal très ancien puisqu’il frayait déjà à l’époque des dinosaures ? Ce poisson a un parcours étonnant : il naît en eau douce, dans des rivières de campagne, avant de se transformer physiquement pour s’adapter à l’eau salée. Dès lors, il parcourt les océans, avant de venir procréer à nouveau en rivière. Pour cela, il remonte le courant, les méandres, les écluses, et revient à l’endroit même où il vu le jour. Thierry Marx vous conseille de choisir ces saumons là, même s’ils sont un peu plus chers, car leur goût surclasse celui des bêtes d’élevage. Dans L’Histoire à la Carte, voici une recette de saumon mariné à l’aneth…

Ecouter l’émission ici : 

Ingrédients :

1 kg de saumon, 1 kg de gros sel, du fenouil, de l’aneth, de l’ huile d’olive, du jus de citron, du poivre.

Préparation : 

Piquer la planche de saumon avec une fourchette et la recouvrir sur les deux faces avec le mélange gros sel-aneth-fenouil. Laisser mariner au réfrigérateur (minimum 1 h 30 à 2 h). Rincer à grande eau avant de sécher au torchon. Découper des escalopes, les poivrer au moulin, et les passer à la poêle sur un seul côté. Servir en déposant le côté cru sur une assiette préalablement préchauffée, recouvrir en partie d’aneth concassée, de jus de citron et huile d’olive.

Publié dans divers | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Un Gogol pas si fou…

Je connais un vieux monsieur de 95 ans, qui s’est mis à l’ordinateur à 80 ans passés, et pour qui l’iPad est devenu un outil de communication à sa portée. Formidable, non ?Néanmoins, lorsqu’il utilise un moteur de recherche, son mauvais accent anglais et son apprentissage tardif de l’informatique lui font prononcer « gogol » lorsqu’il lit « Google« . Or, le gogol est un nombre – 10 puissance 100 (1 suivi de cent 0) – tellement grand qu’on pourrait presque concevoir qu’il contienne toutes les données du web. C’est d’ailleurs de ce nombre que se sont inspirés Sergueï Brin et Larry Page pour donner un nom à leur société. Donc pas fou l’ancêtre !

300_gogolPourtant, il y a bien un Gogol qui entraine dans le monde de l’irraisonné. Nicolaï de son prénom. Écrivain russe mort à 43 ans, victime de troubles psychologiques qui l’ont conduit au suicide. Il a laissé deux grands romans Tarass Boulba et Les âmes Mortes, quelques pièces de théâtre dont Revizor, et des recueils de nouvelles comme Arabesques (1835) où l’on trouve Le journal d’un fou. Texte puissant qui marque le reflet d’une certaine Russie, avec un petit fonctionnaire qui parle le chien couramment, évite les collisions stellaires, et devient roi d’Espagne.

DSC_1986

Antoine Robinet © Jean-Claude Lallias (Cie des Perspectives 2014)

La Compagnie des Perspectives présente Le journal d’un fou dans une adaptation qui reprend une traduction inédite – celle de Louis Viardot – contemporaine de Gogol puisqu’elle est parue en 1845. Le monologue est porté par un jeune acteur, Antoine Robinet, dont le regard et le phrasé hypnotisent le spectateur du début à la fin. Sans fausse note dans le jeu, il pousse le spectateur à croire que ce petit paperassier russe est bel et bien devenu souverain espagnol. Il y a là du talent pour l’avenir.

Le journal d’un fou, au Guichet Montparnasse, jusqu’au 4 janvier.

Publié dans divers | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Philippe Djian invite au voyage

Djian 2 3

Panorama de Constantinople, Pierre Prévost (1818)

Djian 1 1L’écriture est un voyage. Djian ne désavouera pas Kerouac. Lire un roman, et déjà les horizons s’ouvrent. Aimer un personnage, et le monde se découvre dans son humanité. Philippe Djian n’a pas toujours été aimé pour son style, certains détestent encore, d’autres adorent pour toujours. Son écriture, à elle seule, est déjà une aventure qu’il faut savoir accepter pour en retirer ensuite tout le suc. Son dernier opus « Chéri-Chéri » (Gallimard, 2014), nous entraîne sur les traces de Denis, écrivain le jour, qui devient Denise, transformiste la nuit.

Djian 3

8° édition de la Divine Comédie de Dante (1481)

Djian 4

Cartographie littéraire de Guy Debord

Son goût d’ailleurs, il l’a peut-être façonné à écouter Presley, Dylan ou les Doors, à lire la littérature américaine, à moins que cela remonte aux expéditions colombiennes de ses jeunes années. En tous cas, au Louvre, Philippe Djian a choisi des œuvres qui racontent le voyage dans l’art et la littérature. Pour évoquer le goût de l’ailleurs (salle 20), on trouve par exemple un très beau Panorama de Constantinople (Prévost 1818), le voyage comme transhumance des âmes (salle 21) est symbolisé notamment par la Divine Comedie (Dante), enfin pour le voyage intérieur (salle 23) on retiendra l’oeuvre contemporaine consacrée à la Cartographie littéraire de Guy Debord. (Collectif anonyme défendu par Vicent Sator). Trois salles pour un moment d’évasion inédit.

Citant Blaise Cendrars (Feuille de route, 1924), Djian suggère : « Quand tu aimes il faut partir » ; et ajoute lui-même : « Voyager était devenu un sport comme un autre et nous le pratiquions de mieux en mieux. »

Voyages, Philippe Djian, au Louvre jusqu’au 26 février.

Publié dans divers | Marqué avec , , | Un commentaire

La poule d’Inde devenue la dinde

Christmas chicken, turkey with cranberryLes premiers producteurs et consommateurs de dinde au monde sont les Américains. Normal puisque l’animal vient de là-bas. Les premiers colons britanniques, affamés après une traversée de l’Atlantique longue et éprouvante, seraient tombés sur une énorme dinde à leur arrivée. D’où le Thanksgiving, ce repas de fête du dernier jeudi de novembre où chaque Américain, n’importe où dans le monde, déguste le plat.

En Europe, l’introduction de la dinde remonte au retour de Christophe Colomb, qui aurait ramené cette bête étrange. On l’appela alors poule d’Inde, puisque les Espagnols pensaient rentrer des Indes. Elle était tellement rare, qu’elle serait devenue le plat de fête par excellence, remplaçant les oies et les poulets à Noël. La légende s’invite peut-être dans la réalité historique, mais une chose est sûre, la dinde est devenue le plat traditionnel de fin d’année. Cette semaine dans l’Histoire à la carte, Thierry Marx la propose « pochée au lait ».

Ecouter l’émission ici :

Ingrédients pour 8 personnes :

1 dinde de 2.5 à 3 kg, 1 bouquet garni, un litre de lait, 3 litres d’eau, du gros sel, du poivre.

Préparation :

Assaisonner la dinde à cru. Faire bouillir le lait et l’eau avec le bouquet garni. Plonger la dinde entière et ficelée dans le bouillon durant trois ou quatre minutes. Égoutter la dinde, l’éponger, et la mettre à rôtir (durée en fonction du poids). La servir accompagnée d’une garniture au choix, et éventuellement d’une sauce façon suprême (roux blanc, bouillon cuisson, crème).

Publié dans divers | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Radio France fête le livre

livre RadioLa maison de la Radio est une nouvelle fois en fête ! Après la réouverture il y a deux semaines des locaux, suite à des années de travaux, voici que le livre est ici célébré à sa juste valeur. Des dizaines d’auteurs, sous la présidence de David Foenkinos qui vient d’obtenir le Renaudot – il a rencontré des lycéens foenkinosau studio 104, avec Patricia Martin comme intermédiaire (à droite) -, des rencontres, des prix, des conférences, des émissions en public. Plus d’hésitation. Pour ceux qui sont à proximité, il faut venir passer un moment en notre compagnie.

BDParmi les prix, citons ceux dans lesquels France Info est impliquée. Nicolas Wild (à gauche) a reçu le prix France Info de la bande dessinée d’actualité et de reportage pour »Ainsi se tut Zarathoustra » (éditions La boîte à bulles / Arte). Et les différents prix Lire dans le Noir des livres audio (ci-dessous) ont été remis à Féodor Atkine qui a lu « Mapuche » de Caryl Férey (Gallimard) catégorie fiction classiques, Pierre Hervé qui a lu « La promesse de l’aube » Lire Noir(Gillamiard) catégorie fiction nouveautés, Pierre-Henri Gouyon qui a lu son livre « L’évolution » (De Vive Voix) catégorie documents, et Elsa Zylberstein pour la lecture de « Halb » (Éditions des Braques) catégorie jeunesse.

Radio France fête le livre, de 11h à 19h, aujourd’hui et demain. Je vous y attends…

Publié dans divers | Marqué avec | Laisser un commentaire