Michel Bernard : la passion pour Monet

Voilà un sous-préfet qui aime écrire à ses heures perdues. Michel Bernard possède, il est vrai, ce qu’on appelle une « belle plume ». Ses précédents livres, notamment ceux sur Ravel et Genevoix, avaient déjà connu un écho favorable. Deux remords de Claude Monet, aux éditions Grasset, a reçu cette semaine le prix des Libraires en Seine, une association qui regroupe une quinzaine de librairies de l’ouest parisien.

Dans ce roman, on découvre comment Frédéric Bazille, peintre et ami de jeunesse de Monet tué à la guerre de 1870, ainsi que Camille la première femme de Monet morte d’un cancer à 32 ans, l’ont hanté jusqu’à sa mort. Deux ombres, deux fantômes, deux remords, et une puissance d’évocation, dans l’écriture, à couper le souffle.

Michel Bernard est L’Invité Culture.

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La fête méditerranéenne

Chaque année, au mois de juin, les lauréats des Prix Méditerranée se retrouvent dans le très bel hôtel de la rue Masseran, à Paris, à la Fédération des Caisses d’Épargne. Moment de fête et de partage autour de ceux que les différents jurys ont récompensés.

Cette année, membre du jury « roman français », j’ai donc participé au couronnement de Metin Arditi, pour L’enfant qui mesurait le monde (Grasset). Dans ce très beau livre sur la force de l’art versus les puissances de la finance, l’auteur rapproche la Grèce antique des tourments hellènes actuels face au FMI. Une parabole magnifique qui confirme qu’une bonne harmonie entre créateurs et mécènes reste la meilleure alchimie possible.

Notre jury s’était réuni quelques semaines auparavant autour de notre président, Dominique Fernandez, pour un riche débat d’idées et de confrontations littéraires.

Parmi les autres prix, à retenir Ce qui reste de la nuit de Ersi Sotiropoulos (prix Étranger), Désordre du jour de Henri Droguet (prix Poésie), L’Orient derrière soi (prix de l’essai) d’André Tubeuf, et Oeuvres vagabondes (prix du livres d’art) de Titouan Lamazou (ici à gauche).

Le secret de Sylvie Le Bihan

Troisième roman pour Sylvie Le Bihan qui, avec « Qu’il emporte mon secret » (Seuil), non seulement nous livre le sien, mais poursuit la construction d’une œuvre autour de l’intime, des fragilités humaines, et des blessures liées à la jeunesse.

Qu’il emprunte à l’autobiographie importe moins que sa puissance littéraire. Le non-dit parle autant que les lignes écrites, la tension s’installe dans une relation épistolaire, et la chute – comme toujours chez cette jeune romancière – déboule comme à la fin d’une nouvelle pour prendre le lecteur à rebours de tout ce qu’il avait pu imaginer.

Sylvie Le Bihan est ici L’Invité Culture.

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Yann Arthus-Bertrand ne se lasse pas de regarder la terre

17-02-25-yann-arthus-bertrandÀ la veille de l’an 2000, un livre allait marquer l’époque, après huit ans de travail de son auteur : Yann Arthus-Bertrand. Photographe, il  venait de parcourir la planète, en long, en large, et en travers, pour en tirer des clichés « au départ pour la beauté des sites ». Mais très vite, les photos révèlent un état des lieux dramatiques, et La Terre vue du Ciel devient l’emblème de la défense de la nature.

indexYann Arthus-Bertrand voit sa vie bouleversée, devient porte drapeau de l’écologie et chantre de l’humanisme. Dix-huit ans après, une deuxième version de l’ouvrage sort, toujours aussi fort, avec de nouvelles images, et des analyses de plusieurs personnalités comme Jane Goodall ou Matthieu Ricard. Un vrai livre d’art, dont parle son inventeur, qui est ici L’Invité Culture.

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Rendez-vous en mai avec Yann Arthus-Bertrand pour l’ouverture à Longchamp de sa fondation GoodPlanet.

Hugues Royer : se battre contre le cancer

800px-hugues_royerC’est un romancier, connu aussi pour quelques biographies qui sont devenues des best-sellers, et que le destin conduit à utiliser sa plume pour se raconter. Hugues Royer a appris, en pleine écriture d’un roman, qu’il est atteint d’une forme rare d’un cancer des os. Depuis il se bat contre la maladie, et a choisi de raconter ce combat dans « Je n’imagine pas un monde sans toi » (éditions Michalon). Car les mots sont sa meilleure arme contre les maux : « tant que j’écris, c’est que je vis ». En ce jour mondial de lutte contre le cancer, il est L’Invité Culture.

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Vive les mots !

motsLes mots soignent les maux, c’est bien connu. Ils ouvrent l’esprit, développent l’imaginaire, construisent la communication. Écrire est une nécessité pour les papiers du quotidien, un réflexe pour les textos à ses proches, une routine pour l’utilisation d’Internet. Mais si cela s’avérait aussi un plaisir ? Sans prétendre à devenir romancier du jour au lendemain, pourquoi ne pas se lancer dans un journal de bord, un blog, un récit intime, ou une histoire familiale ? Ce voyage initiatique est désormais accompagné par une école, « Les Mots« , la première du genre en France, qui ouvre ses portes cette semaine à Paris, avec de nombreux auteurs pour animer différents ateliers, et à des prix très abordables. Alors, à vous ?…

J’ai reçu récemment Élise Nebout, qui a fondé « Les Mots » avec mon ami Alexandre Lacroix, de Philosophie Magazine.

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Lluis Llach, le chantre de la Catalogne

16-11-12-lluis-llachEn Catalogne, tant côté Barcelone que côté Perpignan, il est quasiment un dieu vivant, même s’il réfute tout statut d’icône. Lluis Llach fut un chanteur engagé contre le franquisme, qui connut le succès dans les années 70 et 80, et remplit les plus grandes salles d’Europe, avec en particulier un concert mythique, en 1985, devant 100 000 personnes au stade de Barcelone.

Choisissant de mettre fin à sa carrière en 2006, après une trentaine d’albums, il se consacre désormais à la politique, aux jeunes enfants du Sénégal pour qui il a créé une bibliothèque, et il vient de troquer sa guitare contre un stylo pour écrire « Les Yeux fardés », son très émouvant roman, chez Acte Sud. L’occasion de l’accueillir dans L’Invité Culture.

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llachLes Yeux fardés : Ils sont quatre inséparables (deux garçons et deux filles), nés en 1920, qui traversent les rives de l’enfance dans le quartier populaire d’une Barceloneta aux ruelles bigarrées, aux senteurs maritimes, à la culture ouvrière militante. Après l’âge tendre des premiers émois, les personnalités s’affirment et les destinées s’esquissent. Pour les deux filles, du moins. Les balises de l’avenir se font plus fluctuantes pour les garçons quand ils découvrent la passion qui les unit. Si la proclamation de la République leur ouvre les voies de l’espérance, très vite la guerre civile rebat les cartes et conduit les amis au chaos. Après vingt ans d’errance à s’abîmer à travers le monde pour fuir le souvenir douloureux de l’“Ami aimé”, le rescapé de cet amour fou regagne sa terre natale pour porter le châtiment qui signe son retour à la vie.

 

 

Janine Boissard, le roman de sa vie

Janine Boissard © John Foley (Opale/Fayard)

Quand Janine Boissard arrive à la radio, pour enregistrer l’émission, elle pose sur moi son doux regard et me tend une pochette cadeau en papier : « C’est pour vous, des noix de mon noyer, en Normandie. » Comme dans ses romans, elle est la maman ou la grand-mère qui manquent à certains, l’amie pour les autres, une écrivain (« Ho… écrivaine, quelle horreur… ») de qui on se sent proche, une femme chaleureuse et bienveillante. 16-11-05-janine-boissard2Le succès de ses romans est est la meilleure preuve, et même si la presse l’a trop souvent snobée, elle est l’une des auteurs les plus lues en France. « Une femme », son dernier livre chez Flammarion, est le roman de sa vie, et se lit comme un roman. Elle est L’Invité Culture.

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Diane de Selliers, l’amour des beaux livres

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Diane de Selliers à Jaipur, en Inde

Après avoir travaillé chez plusieurs grands éditeurs, Diane de Selliers décide, en 1992, de fonder sa propre maison autour d’un pari difficile : marier les écrits majeurs de la littérature avec les plus grandes œuvres d’art.

Visvarupa, Kashmir, milieu du XIXe siècle., © Courtesy of the National Museum, New Delhi
Visvarupa, Kashmir,
milieu du XIXe siècle.,
© Courtesy of the National Museum, New Delhi

Elle exhume avec émerveillement des textes fondateurs enfouis, puis part en quête, avec la minutie et la ténacité du chercheur d’or, d’une iconographie rare, souvent inaccessible au grand public, pour n’en garder que les plus belles pépites. Cette année, son choix s’est porté sur la Bhagavadgita, qui a façonné des générations d’Indiens (Gandhi l’appelait sa « mère »). Diane de Selliers est L’Invité Culture.

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La liberté des écrivains américains

livreIls vivent dans les grands espaces de l’ouest américain, ils y racontent leur univers, qui reflète souvent en creux le monde en général, ils sont les porte-voix de tous ceux que l’on n’entend jamais. Les écrivains comme Jim Harrison, Richard Ford, James Crumley, Craig Davidson, Marilynne Robinson et bien d’autres ont reçu chez eux, dans leur campagne respective, Alexandre Thiltges et le photographe Jean-Luc Bertini.

jlbertiniCe dernier est L’Invité Culture pour évoquer le périple de 40 000 km que les deux hommes ont fait à la rencontre des écrivains américains, et pour parler de son rapport entre l’image – le portrait photographique qu’il réalise – et le mot – les livres de ces grands auteurs. Le périple d’Alexandre Thiltges et Jean-Luc Bertini donne lieu à un ouvrage qui fera référence : « Amérique des écrivains en liberté » (Albin Michel).

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