Janine Boissard inspirée par le Périgord

Janine Boissard © John Foley (Opale/Fayard)

Janine Boissard est une romancière au long cours, et au public large : une quarantaine de livres au total, tous à succès, et toujours des histoires proches de nous. Chaque fois, ses personnages nous sont familiers, leurs petites manies nous en rappellent certaines des nôtres, ils agissent comme n’importe qui pourrait le faire dans la même situation.

Pourtant, derrière cette normalité de façade, se cachent des comportements inédits, des secrets interdits, des relations étranges. Les intrigues se nouent au fil des pages pour se libérer à la fin. On est emportés par l’histoire, et à la fin il y a toujours une surprise.

Dans « La lanterne des morts », chez Fayard, Janine Boissard a été inspirée par le Périgord, mais le drame se noue autour de la bipolarité de Lila, l’un des personnages principaux, qui donne du souci à sa sœur Adèle dont l’amoureux, Vivien est menacé.

L’écrivain est ici L’Invité Culture.

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Amitiés impossibles ou virtuelles…

Emmanuel Bove est un écrivain du début du 20° siècle, tombé dans l’oubli puis remis à l’honneur, et encore trop méconnu. L’écriture directe, froide mais non dénuée d’humour, décortique jusqu’à l’os la société de son époque, en particulier le monde des pauvres, des gens de peu, mais qui gardent leur dignité, leur courage, et leur intégrité.

Cette manière de raconter happe le lecteur, et Jean-Luc Bitton avoue – dans la préface du premier roman d’Emmanuel Bove, Mes amis, (republié par l’Arbre Vengeur) – qu’on devient facilement accroc, jusqu’à entrer dans « cette confrérie de lecteurs, admirateurs, inconditionnels, une sorte de franc-maçonnerie hétéroclite » que forment les aficionados « boviens ».

Victor Bâton, un trentenaire qui tire le diable par la queue, vit dans l’obsession de se faire des amis. Les portraits, brossés comme des nouvelles, de ses rencontres de hasard démontrent très vite que ces « amis » là n’en seront jamais ! Par son regard acéré, Bove dépeint une humanité pas forcément réjouissante, mais si agréable à lire…

Autre amitié, à la fois réelle et virtuelle : celle pour Jane de Marnie, petite fille solitaire qui vit au bord des falaises sur une île bretonne. Dans son dernier roman Le vertige des falaises (chez Plon), Gilles Paris – qui a déjà publié Autobiographie d’une courgette ou L’été des lucioles – voltige entre les personnages, dans des relations d’amitié ou de famille fragilisées par de lourds secrets.

L’écriture, chapitre après chapitre entre vérité et mensonges, entre mirage et réalité, nous donne le tournis comme ces falaises que l’auteur semble si bien connaitre. Chacun prend à son tour la parole pour saisir ce récit choral et nous dévoiler peu à peu ce que tous savent, dans cette histoire, mais que personne n’ose avouer, jusqu’à la fin…

Visiter la Floride et Cuba autrement…

Saviez-vous que les premiers camps de concentration de l’histoire ont été crées par les Espagnols, lors de la guerre d’indépendance cubaine de 1895 ? Le dernier gouverneur de l’île – voulant empêcher les paysans de soutenir les insurgés – les enferma dans des camps appelés en espagnol reconcentratión.

Saviez-vous qu’un festival international de la mangue se tient chaque année, durant le deuxième semaine de juillet, à Miami dans le jardin tropical de Coral Gables ? Il faut dire que plus de 200 variétés de ce délicieux fruit sont cultivés en Floride, fruit que l’on savoure sous toutes ses formes (dessert, salade, fruit, glace, jus, etc.)

Lors d’un récent salon du livre, l’écrivain cubain William Navarrete m’a longuement parlé de son pays, et de Miami. Ce romancier, poète et historien d’art est né à Cuba en 1968, et depuis vingt ans il vit en France, entre Paris et Nice. Il a publié, dans la collection des Dictionnaires Insolites, chez Cosmopole, deux opus consacrés l’un à la Floride, l’autre à Cuba.

La ville exubérante des tropiques étant au cœur de mon dernier roman, et l’île en forme d’alligator (où j’ai procédé à quelques repérages cet été) servant de cadre à une des nouvelles de mon prochain recueil, j’ai évidemment emporté les deux ouvrages dans mes valises cet été.

Pertinence des thèmes choisis, quelques vérités remises en avant, découvertes de lieux inédits, meilleure compréhension de ces deux pays, William Navarrete est un compagnon précieux pour aller à la rencontre de Cuba ou de la Floride. À recommander pour tout voyageur désireux de sortir un peu des sentiers battus.

Ito Naga, poète aux Lectures sous l’arbre

Ito Naga © Régis Nardoux

Sur le plateau du Vivarais, les chênes ne sont pas monnaie courante. Il en est un, toutefois, qui est connu de toute la région, et même au-delà, car il sert d’emblème aux Lectures sous l’arbre, un festival de poésie jusqu’au 20 août au Chambon-sur-Lignon.

Il a été planté par l’éditeur Jean-François Magnier, venu s’installer là il y a 35 ans, au lieu-dit Le Cheyne, mais avec un « y ». 35 ans plus tard, le succès est là, Cheyne Éditeur est l’un des principaux acteurs du monde de la poésie, et organise tous les ans, sous l’arbre fétiche donc, des rencontres-lecture avec des poètes et des écrivains de tous horizons.

Parmi les auteurs invités, l’astrophysicien Ito Naga. Ce scientifique qui a travaillé à la Nasa et à l’Agence Spatiale Européenne, a publié son premier recueil – « Je sais » – au Cheyne Éditeur il y a une dizaine d’années.

Il est ici L’Invité Culture, et sera présent mercredi et jeudi pour ses « lectures sous l’arbre ».

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Lectures avec passion !

La passion face à la raison ! Dans « Éloge de la passion » (Denoël), Carlotta Clerici nous livre un amour fou, inattendu, brusque, total, qui balaie tout sur son passage : une vie en construction, un corps à vif, une conscience incertaine. Qui sait comment chacun de nous peut réagir face à ce cruel dilemme ? On ne bâtit pas une vie sur une passion, mais la raison peut-elle porter une existence entière ?

La question n’est pas nouvelle ; dans ce premier roman la dramaturge italienne (auteur de plusieurs pièces à succès dont « Ce soir j’ovule » jouée par Catherine Marchal) s’en empare avec force et conviction. Matilde, musicienne de talent, est emportée par sa rencontre avec le photographe Francesco sur les rives du lac de Côme, et le lecteur avec…

Autre passion, celle que prolonge Christophe Ono-Dit-Biot dans « Croire au merveilleux » (Gallimard). Après avoir perdu l’amour de sa vie dans de lointaines mers (voir « Plonger »), César veut quitter ce monde, malgré le fils que Paz lui a laissé. Les aimait-elle encore tous les deux pour être allée se noyer si loin de chez elle ? Avait-elle prémédité de ne jamais revenir ni les revoir ?

Ces questions hantent le héros, qui est sauvé de sa tentative de suicide par sa nouvelle voisine : Nana. Celle-ci l’entraine alors dans un voyage initiatique vers les lieux fondateurs de son histoire avec Paz, qui le rapproche de leur fils Hector. Nana, mirage de l’amour renaissant et déculpabilisé de la mort de Paz.

Avec habileté, Christophe Ono-Dit-Biot retisse, autour d’une relation impossible, les fils d’une passion disparue, avec une très jolie fin qui offre, en effet, de croire au merveilleux

 

Pierre Génisson a rencontré Mozart

Voilà un garçon de trente ans qui est l’un des meilleurs clarinettistes solistes du moment.

Pierre Génisson a cumulé les premiers prix avant de se lancer dans une carrière internationale. Ce Marseillais se partage désormais entre la France et les États-Unis, joue avec les plus grands orchestres d’Europe, d’Amérique ou du Japon, et vient d’enregistrer un disque avec le Quartet 212, un quatuor à cordes de solistes du Metropolitan Opera de New York : « How I met Mozart » (chez Aparté).

De passage à Paris entre plusieurs récitals dans des festivals d’été en France – il sera la semaine prochaine aux Jeudis Musicaux de Royan (attention ce sera le mardi 8 !), puis le 16 août à Perros-Guirrec, et à Entrecasteaux à la fin du mois – le clarinettiste est ici L’invité Culture.

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Sylvain Tesson, le voyageur éternel

Malgré la chute qui a failli lui coûter la vie, l’écrivain voyageur Sylvain Tesson a repris le chemin vers l’inconnu. Il a besoin d’horizons, il aime plonger dans les aventures les plus fortes. Après de longues semaines de coma, à l’été 2014, il se montre plus prudent, mais arpente à nouveau les pentes alpines et se propulse avec bonheur vers les pays les plus lointains.

Tesson est ainsi, il a besoin de ce balancier entre l’écriture, activité pour le moins apaisée et sédentaire, et la folie d’aller quérir ailleurs une part de lui-même. Ces deux extrêmes l’animent toujours, néanmoins il tente à présent de réduire les convulsions de la vie à Une très légère oscillation ; c’est le titre de son dernier livre, aux éditions Équateurs.

Dans ce journal de bord, écrit sur trois années avant et après son accident dans les Alpes, Sylvain Tesson nous entraine dans une philosophie de jouissance de la vie, cette trajectoire tellement courte qu’il faut en savourer chaque seconde, ainsi que l’affirmait Vladimir Jankélévitch.

Sylvain tesson est ici L’invité Culture.

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Bientôt l’Académie musicale Philippe Jaroussky

Sa voix fait frissonner le monde entier, à laquelle son visage de jeune homme ajoute une touche angélique, Philippe Jaroussky transmet de l’émotion dès qu’il chante. Il entend désormais aussi transmettre ses connaissances, sa technique, et son amour de la musique.

À la Seine Musicale, magistral ensemble culturel des Hauts-de-Seine qui a ouvert ses portes à la pointe de l’île Séguin, à Boulogne, le contre-ténor créé une Académie qui porte son nom. La première promotion y sera accueillie dès la rentrée de septembre.

Par ailleurs, Jaroussky, dont la passion pour Orphée est immense, vient de sortir un album rassemblant des versions de l’œuvre par différents compositeurs : Rossi, Monteverdi, et Sartorio. Le disque s’appelle Orfeo, sous le label Erato.

Philippe Jaroussky est ici L’Invité Culture.

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Sandrine Rabassa : le flamenco s’exprime à Mont-de-Marsan

S. Rabassa © franceinfo

Quel lien unit la ville de Mont-de-Marsan, dans les Landes, et la danse emblématique de l’Andalousie, le flamenco ? Un homme, l’ancien président du département, aujourd’hui disparu, Henri Emmanuelli, passionné de cet art, à la fois musical et chorégraphique.

Voilà comment est né, il y a une trentaine d’années, le festival Arte Flamenco, dont Sandrine Rabassa est la directrice artistique.

Pour ouvrir le bal, lundi soir, le Ballet de Andaloucia, un grand classique. Mais il y aura aussi des moments plus originaux, comme le spectacle Catedral, mercredi, porté par Patricia Guerrero dont on dit qu’elle est la meilleure danseuse de sa génération. Sans oublier les grandes voix du genre, notamment Marina Heredia, mardi soir à Mont-de-Marsan.

Sandrine Rabassa est ici L’Invité Culture.

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Guillaume Musso : « La réalité sera toujours plus forte que la fiction ! »

Guillaume Musso © Emanuele Scorcelletti

Qui est Sean Lorenz, ce peintre disparu dont l’art a troublé puis enflammé les galeries ? Pourquoi a-t-il cessé de peindre après la naissance de son fils Julian ? Dans quelles conditions Julian a-t-il été assassiné ? Existe-t-il des toiles secrètes de l’artiste ?

Toutes ces questions déboulent d’un coup dans la vie de deux personnages aux antipodes, une ancienne flic et un auteur de théâtre, qui se retrouvent à cohabiter malgré eux. Madeline et Gaspard ont loué, suite à une erreur de l’agence, le même appartement à Paris, qui n’est autre que l’ancien atelier de Lorenz.

Comme à son habitude, Guillaume Musso nous entraine dans le vertige d’un page turning haletant. La construction est remarquable, à l’américaine, parfaite du début à la fin. La thématique autour de la création – qui naitrait de la douleur – ne laisse pas indifférent (Musso lui-même souffre-t-il en écrivant ? Il s’en défend…). Et le final laisse une fois de plus admiratif dans l’imagination de ce romancier hors norme, 28 millions d’exemplaires vendus dans le monde.

Un appartement à Paris (XO Éditions) est un « cold case », ce qui permet à Musso, ici L’Invité Culture, de réagir après l’affaire Grégory : « La réalité sera toujours plus forte que la fiction ! »

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