Claude Lelouch, chacun sa vie…

C’est le 46° film du cinéaste Claude Lelouch, avec une pléiade de vedettes, dont Jean Dujardin, Elsa Zylberstein ou Johnny Hallyday. « Chacun sa vie, et son intime conviction » est une mosaique de personnages avec leurs ombres, leurs casseroles, leurs jardins secrets, leurs vérités masquées qui apparaissent au grand jour, dans un puzzle chaotique où la vie finir toujours par se reconstituer.

Cette vie qui, comme le jazz, propose ses figures imposées et laisse une large part aux improvisations. La musique, meilleur des médicaments selon Claude Lelouch, qui s’y réfugie à chaque coup de blues. Celle du film, signée une nouvelle fois par son comparse Francis Lai, joue un rôle aussi important que les acteurs. Des acteurs que le réalisateur choisit quand ils se sont frottés, eux aussi, à la vie.

Dans le chaos actuel de la société, Clude Lelouch veut porter un regard sur une intelligentsia qui doute, sur des citoyens qui n’auraient pas le droit d’avoir un avis, et sur des gens qui en jugent d’autres.

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Costas Gavras enfin en vidéo !

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Costa Gavras à Cannes en 2015 © Valéry Hache AFP

Le premier coffret de l’intégrale des films de Costa Gavras vient de sortir, édité par Arte, dans une version restaurée des longs métrages. Cette initiative permet de revoir les tout premiers chefs d’œuvre du cinéaste, qui se qualifie lui-même de « politique » : « Z », « L’Aveu », « État de siège », « Missing », et aussi les deux films qui l’ont lancé, le polar « Compartiment tueurs », et le drame de la Résistance « Un homme de trop ». Costa Gavras, né en Grèce mais venu s’installer à Paris très tôt, est l’un des réalisateurs français les plus primés, avec notamment deux Oscars, une Palme d’Or et un Ours d’Or. Il est ici L’Invité Culture.

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Pour que le Rex continue

Cinéma Rex à Brive © Le Grand Cricri

Il est des lieux qui tiennent toujours une place particulière dans une vie. Le cinéma Rex, à Brive, est, pour moi, de ceux-là. Premiers frissons d’adolescent devant un grand écran, aller au cinéma seul, découvrir le monde par l’image. Le bâtiment, avec sa façade typique des années 30 (classée aux monuments historiques en 2005), ne manque pas de charme non plus. Il y a de nombreuses annéee, le lieu est devenu emblématique du cinéma Art et Essai dans le Sud-Ouest, avec une programmation exigeante, des festivals, et un lien fort auprès des jeunes du lycée voisin (ou existe une filière « Art Visuels »).

Initiateur de ce virage qualitatif, pris en parallèle (et en contrepoint) de l’arrivée d’un méga complexe dans la ville, un homme a porté le projet plusieurs décennies durant. Programmateur et directeur de la salle, Bernard Duroux arrivait au terme de son mandat, et pouvait envisager une passation de pouvoir en douceur, sur le même chemin, avec un autre passionné du 7° art. Or un bras de fer s’est engagé avec la mairie de Brive, qui a retiré sa délégation de service public à l’Association des Amis du Rex, pour reprendre directement une gestion municipale de la salle.

Festival du moyen métrage en 2012 © Le Grand Cricri

Les Brivistes, partisans d’une culture diversifiée et d’excellence, sont inquiets de cette situation. Certains écrivent pour défendre « le droit de penser » et le maintien d’une « oasis d’intelligence », d’autres téléphonent pour dénoncer une reprise en main brutale, beaucoup sont descendus dans la rue, à plusieurs reprises, par crainte d’une fermeture à terme de « leur » Rex.

En ces temps de contraintes budgétaires, la municipalité entend éviter trop de rallonges de subvention, le maire Frédéric Soulier affirme que le « Centre National du Cinéma vient de confirmer à la ville sa confiance » et assure que le nouveau programmateur maintiendra les différents labels Art et Essai.

Rex

Seul l’avenir révèlera qui dit vrai. Une seule certitude aujourd’hui, et c’est un regret, que le travail de fond de Bernard Duroux connaisse un épilogue aussi douloureux. En tant que Briviste, je forme en tous cas le vœu que le Rex continue dans la même voie d’exigence et de qualité qu’auparavant.

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Les murs murent les murmures…

header_de_l'autre_cote_du_murQu’y a-t-il de plus beau que murmurer au creux de l’oreille de quelqu’un qu’on aime ? Dans un souffle, la passion, les souvenirs, l’histoire, les émotions glissent d’un être à l’autre. À Berlin, entre août 1961 et novembre 2009, ces murmures là étaient interdits, murés par des plaques de béton coupant la ville en deux. Si j’ai écrit mon premier roman sur ce drame (« Ma petite Française » Seuil 2011), c’est parce que j’ai été confronté à ce Mur dès 1977, à l’âge de quinze ans, alors que j’allais passer mes étés chez des amis. Mur dont les 25 ans de la chute seront célébrés dimanche 9 novembre.

Autant dire que j’ai vu avec intérêt le film de Christian Schwochow : « De l’autre côté du Mur« . Il raconte une situation souvent méconnue, que j’abordais déjà dans mon roman. Les Allemands de l’Est, qui réussissaient à passer à Berlin Ouest, devaient franchir l’étape du camp de Marienfelde. Interrogatoires serrés pour les candidats à la liberté, ceux-là même qui fuyaient les questions de la Stasi dans leur pays. Parfaitement servi par le jeu de berlinl’actrice Jördis Triebel, ce long métrage plonge dans les errements et les doutes de ces hommes et femmes sans patrie réelle, et qui n’étaient pas les bienvenus chez leurs frères de l’Ouest. À voir sur les écrans à partir de ce mercredi 5 novembre !

Et j’ajoute à propos de Berlin un livre intime, riche, et passionnant sur la capitale allemande : « Berlin, histoire, promenades, anthologie et dictionnaire« , dans la collection Bouquins chez Robert Laffont. Il est signé de l’écrivain et musicien David Sanson, ancien pensionnaire de la Villa Médicis. Un bel ouvrage pour vagabonder au coeur de cette cité riche d’histoire et en pleine construction de son avenir.

 

Didier Van Cauwelaert entre amour et amitié

9782226256201g« Le principe de Pauline » est une loi physique : une histoire d’amour sert à fabriquer de l’amitié. Cette sorte de règle de trois inédite entre une femme et les deux hommes qu’elles veut garder pour ami, en les aimant tout de même, est le titre du dernier livre de Didier Van Cauwelaert (chez Albin Michel). Très belle écriture, histoire entraînante, et émotions garanties pour ce roman d’un auteur multi-cartes. Son invité : la sociologue Béatrice Mabilon-Bonfils.

Ecouter l’émission avec Didier van Cauwelaert ici : 

Agnès B, du style pour défendre la nature…

04_400x400On la connait pour sa ligne chic et décontractée, lancée dans les années 70, devenue aujourd’hui un véritable empire économique. On sait moins qu’Agnès B est propriétaire de la goélette Tara dont les expéditions scientifiques servent à comprendre l’évolution de la nature. Et puis, amatrice d’art depuis toujours, cinéphile avertie, elle s’est lancée dans le 7° art avec un premier film sorti au printemps : « Je m’appelle Hmmm« . Son invité : Gaby Gorsky, directeur de l’observatoire océanologique de Villefranche sur Mer.

photoEcouter l’émission avec Agnès B ici : 

Ariane Ascaride entre Aristophane et Ferrat…

© Georges Biard
© Georges Biard

Elle joue ce soir au Nuits de Fourvière dans une lecture de textes autour d’Aristophane, l’inventeur de la comédie. Des fragments de ses écrits, traduits et adaptés par Serge Valetti, sont lus par Ariane Ascaride (en compagnie de Eric Elmosino, Hervé Pierre, Christine Citti, et Manuel Lelièvre). Le sepctacle s’appelle « Toutaristophane, fragments« . Mais l’actrice est aussi à l’affiche du dernier film de Robert Guédiguian, « Au fil d’Ariane« , dans les salles depuis deux jours. Son invité : Thierry Tieû Niang.

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Bruno Solo, un passionné de cinéma

9782749123271On le connait pour ses caméras café, ses rôles dans « La vérité… » ou des créations télévisées. Bruno Solo est un comédien, qui a toujours voulu l’être, et qui a commencé par hasard, en devant l’arbitre d’un jeu animé par Yvan Le Bolloch. Mais c’est un cinéphile passionné du 7° art depuis son adolescence, et il publie « Petites et grandes histoires du cinéma » (Cherche Midi). Son invité : Dick Annegarn.

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Riad Sattouf aime décrire le monde « de l’extérieur »

arabe_c12-300x423Cet éternel ado décrit la vie qui l’entoure avec un regard extérieur, un peu « comme un étranger ». Le succès de ses BD ou du film « Les beaux gosses » l’a cantonné dans l’univers de la jeunesse. Mais Riad Sattouf reste ouvert à tout ce qui l’entoure, et dans le roman graphique « L’arabe du futur » (éd. Allary) il retourne sur les pas de son enfance en Syrie. Son invité : l’éditeur Guillaume Allary

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Marin Karmitz : « Le combat continue ! »

© Unifrance
© Unifrance

Il a bâti sa vie sur son exil d’enfant juif chassé de Roumanie, en la consacrant à l’ouverture aux autres et à la diffusion d’une culture de qualité. Marin Karmitz, ancien jeune communiste très militant, devenu producteur de cinéma exigeant et humaniste amateur d’art, célèbre les 40 ans des premiers cinémas MK2 (soirée gratuite dans toutes les salles le jeudi 19 en soirée). Son invité, le sculpteur, peintre et plasticien Christian Boltanski.

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