Philippe Djian, dans la noirceur de son roman « A l’aube »

Après 15 ans d’absence une jeune femme revient dans sa famille. L’occasion pour l’écrivain de raconter « toutes les vies qu’il n’a pas vécues » et d’expliquer comment son écriture a évolué au fil du temps. Ici, il a travaillé l’intrigue plus que la psychologie « dans la lignée de Stevenson ». Pas de ponctuation, des dialogues évanescents…

« Moi j’ai envie de lire un livre où on ne m’embête pas avec des tirets, des paragraphes. La typographie m’énerve, je cherche la fluidité. » Philippe Djian.

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« Joan s’accouda au bastingage du ferry. L’air était vivifiant. Et d’où aurait-il sorti tout cet argent, dite-elle. C’est n’importe quoi, c’est une blague.

C’est ce que je crois aussi, fit Dora. Mais de l’argent, il en avait, ce n’était pas un problème. Gordon savait tirer les bonnes sonnettes. Il était brillant. Il y a tellement d’invraisemblables fortunes, dans ce pays. La plupart des riches ne savent même pas quoi faire de leur argent. Ton père ne les changeait pas en écolos convaincus mais il leur offrait le moyen de se donner bonne conscience. Enfin bref, il n’était pas du genre à détourner cet argent, mais il aurait pu le faire. »

A l’aube (Gallimard).

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