Michel Bernard : la passion pour Monet

Voilà un sous-préfet qui aime écrire à ses heures perdues. Michel Bernard possède, il est vrai, ce qu’on appelle une « belle plume ». Ses précédents livres, notamment ceux sur Ravel et Genevoix, avaient déjà connu un écho favorable. Deux remords de Claude Monet, aux éditions Grasset, a reçu cette semaine le prix des Libraires en Seine, une association qui regroupe une quinzaine de librairies de l’ouest parisien.

Dans ce roman, on découvre comment Frédéric Bazille, peintre et ami de jeunesse de Monet tué à la guerre de 1870, ainsi que Camille la première femme de Monet morte d’un cancer à 32 ans, l’ont hanté jusqu’à sa mort. Deux ombres, deux fantômes, deux remords, et une puissance d’évocation, dans l’écriture, à couper le souffle.

Michel Bernard est L’Invité Culture.

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Fontainebleau : un berceau de la création musicale

16 08 20 Vincent Droguet2Depuis François 1°, en passant par Louis XV, ou les deux Napoléon, le château de Fontainebleau a été très souvent un siège de pouvoir, de manière parfois oubliée ou méconnue. Surtout, ce fut de tous temps un lieu de création musicale. Par exemple, lorsque Louis XV s’y marie en 1725, Rameau et Bach tentent de surpasser Lully. Or justement depuis le début de l’année, le château a choisi de rendre hommage à ce roi là, et les Fresques Musicales (les 27 et 28 août dans la Salle de Bal et la Chapelle de la Trinité) lui seront largement consacrées, ainsi qu’au Siècle des Lumières dans son ensemble.

La salle de Bal © chateaudefontainbleau.fr

On peut aussi profiter de la fin des vacances estivales pour visiter cet ensemble de 1 500 pièces, déployées au cœur de 130 hectares de jardins. Fontainebleau est le seul site royal et impérial habité continuellement pendant sept siècles. Vincent Droguet, son directeur du Patrimoine et des Collections, est L’Invité Culture.

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La volaille est d'abord un plat familial

Grilled chicken legs and vegetables on white backgroundDans l’émission « L’Histoire à la carte », nous avons choisi cette semaine la volaille, qui a toujours été un plat essentiellement familial. « On aime le poulet rôti de sa maman, de sa grand-mère », comme l’avoue Thierry Marx. Bien sûr le bon roi Henri IV a incité les citoyens à manger de la poule le dimanche, et s’il vous reste des pilons ou des cuisses sur les bras le dimanche soir, voici la manière de bien les accommoder. Un dernier point, ne pas hésiter à oublier les volailles de batterie pour acheter les labels de nos régions.

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Ingrédients pour quatre personnes :

4 cuisses de volaille, 5 g d’ail, 5 g de gingembre frais, 50 g de miel, 1 verre de vin rouge, 1 cuillère à café de sauce soja Kikkoman, 1 cuillère à soupe d’huile d’olive.

Préparation : 

Désosser les cuisses de volaille (ou le faire faire par le boucher). Préparer la marinade en mélangeant le vin rouge, la sauce soja, le miel, l’ail et le gingembre. Faire bouillir ce mélange une fois et laisser refroidir. Déposer les cuisses dans la marinade et réserver au frais pendant 4 h. A l’aide d’un papier film, rouler les cuisses comme des paupiettes et les cuire à la vapeur (80°c) pendant 20 min. Laisser refroidir. Couper les paupiettes en médaillons et les faire bien caraméliser à la poêle dans un peu d’huile. Déglacer avec la marinade et laisser réduire. Servir les médaillons nappés de sauce.

Le temps des Mayas

Les Mayas. Voilà un peuple à la fois mystérieux et attirant. Cette civilisation, née de la forêt vierge, qui s’est établie sur plus de trois siècles entre le Yucatan et le Chiapas mexicains, le Guatemala, le Belize et l’ouest du Honduras. On a tous rêvé d’aller à Chichén Itzá, Palenque, Tikal, escalader ces temples aux immenses escaliers en terrasses.

En 2012, il a beaucoup été question des Mayas avec leur calendrier qui prédisaient pour cette année là la fin de l’âge du maïs, leur plante sacrée (et non la fin du monde). Partout, de la bien peu hospitalière jungle tropicale à l’aride plaine calcaire de la péninsule yucatèque, ou encore dans la cordillère volcanique du sud, ils ont su édifier de grandes cités-états, un peu comme celles des Grecs anciens.

Le musée du Quai Branly, à Paris, plonge au coeur de cette civilisation, avec l’exposition « Mayas, révélation d’un temps sans fin« . Sublime présentation et mise en scène d’objets, de réalisations architecturales et artistiques, de statuettes, de masques, et de pièces des rites funéraires. Le bleu maya apparait sur un disque de mosaïques de coquillages, corail, et ardoise. Un dieu solaire en jadéite donne à l’astre vénéré un vert inouï.

© B. Thomasson

Un vieillard émergeant d’une fleur représente un dieu ancien qui soutiendrait le monde. Sans parler des sculptures comme celle de la Reine d’Uxmal, du cercle de jeu suspendu en hauteur, ou de l’écuelle polychrome en céramique ornée d’une tête d’animal tenant dans sa gueule un visage humain.

Les Mayas, dit-on, avaient une parfaite maitrise de la nature et des cycles, du temps qui passe. Pour eux, le temps est le mouvement même de l’espace. Leur passion pour comprendre les transformations du cosmos leur fit développer un extraordinaire système calendaire. Il faut donc prendre le temps d’aller à leur rencontre, jusqu’en février, au Quai Branly. À moins, et c’est encore mieux, de pouvoir s’offrir un voyage découverte dans les forêts perlées de temples, comme ici dans le Yucatan :

© B. Thomasson
© B. Thomasson
© B. Thomasson
© B. Thomasson

 

 

 

 

 

 

 

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Gilles Perrault porte un regard amoureux sur la Résistance

41RXlkOB2WL._Il avait déjà écrit « Le secret du jour J« , ou « L’orchestre rouge« , deux best-sellers sur la Seconde guerre. Il y revient avec son « Dictionnaire amoureux de la Résistance« , chez Plon. Gilles Perrault était enfant dans les années quarante, fils de Résistants, et il a été marqué à vie par les drames et les espoirs qui se sont joués alors. Pour lui, les femmes ont été les grandes oubliées de cette période. Son invité : l’avocat Eric Dupond-Moretti…

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Christine Orban dans la peau de l’impératrice Joséphine

christine-orban-josephineElle est romancière, critique littéraire, passionnée d’histoire, et pour son dernier livre, elle s’est mise dans la peau de Joséphine. Christine Orban écrit ainsi une longue lettre à Bonaparte, pour lui faire part de ses sentiments après la répudiation et l’humiliation publique subies par l’impératrice. Récit intime et pourtant universel, actuel, celui d’une femme blessée. Son invité : l’historien Jean Tulard

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Chantal Thomas : l’histoire pour raconter la vie

9782228909655Historienne de formation, auteur de nombreux essais, érudite, spécialiste du XVIII ème siècle, ses romans connaissent néanmoins un succès populaire incontestable. « Les adieux à la reine » a été couronné par le Femina en 2002, et « L’échange des princesses » a été un des livres marquants de la rentrée littéraire de septembre. Chantal Thomas revient en ce début de printemps avec « Un air de Liberté » (Payot et Rivages), où entrent en scène les grandes figures et les auteurs du XVIII ème. Son invité : le costumier Christian Gasc.

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Pierre Lemaitre : un Goncourt populaire

RL_140x205Son roman « Au revoir la-haut » tient à la fois d’Alexandre Dumas et d’Honoré de Balzac. Une grande fresque de l’après-première guerre mondiale, avec ses misérables et ses puissants, ses escrocs et ses intègres. Le livre est haletant, il faut dire que Pierre Lemaître est un auteur de polars plusieurs fois récompensé. Avec lui, le Goncourt a fait un choix populaire mais aussi de qualité, car le livre interroge sur la manière dont la France a traité ses soldats embarqués dans la Grande Guerre (à la fois les morts et les survivants). Son invité : le philosophe Raphaël Enthoven.

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Un double destin familial dans l’Histoire

414DJsXWFAL._Léo Sirota fut un pianiste dont la carrière internationale a été brisée par la seconde guerre mondiale. Ce juif, exilé au Japon, y a  subi les conséquences du conflit. Sa fille, Beate,  installée aux Etats-Unis, a participé à la rédaction de la constitution nippone, toujours en vigueur aujourd’hui mais de plus en plus menacée. C’est ce double destin à travers le XX° siècle que racontent Nassrine Azimi et Michel Wasserman dans « Le dernier bateau pour Yokohama » (éd. Le ver à Soie).

Ecouter Michel Wasserman, enseignant à l’université de Kyoto,  ici :

Un roman double : Curtis et les parfums

le-roman-du-parfumTony Curtis a porté toute sa vie Jicky, l’un des parfums historiques de la maison Guerlain, et pour le grand séducteur qu’il fut, les effluves féminins ont toujours compté. Voilà pourquoi Pascal Marmet, romancier et animateur de rencontres littéraires,  a consacré une double histoire romanesque au parfum et à Tony Curtis, qui fut son ami. « Le Roman du Parfum » (éd. du Rocher) se lit comme un vrai roman, celui d’une rencontre improbable entre un vieux monsieur et une jeune fille dans un avion, mais aussi comme un récit de la vie de l’acteur américain, ou comme une découverte du parfum dans son histoire et ses secrets.

Ecouter Pascal Marmet ici :