Pedro Pauwels : l’image du corps

C’est un danseur, chorégraphe, amoureux de l’image. Pedro Pauwels, qui dirige une compagnie à son nom à Limoges, a inventé un rendez-vous pour marier la danse et et la photographie. La troisième biennale du genre se déroule durant le week-end de l’Ascension à Brive, en Corrèze, associée à un événement traditionnel dans cette ville : Danse en mai.

La représentation du corps, un art éphémère immortalisé par la prise de vue, devoir d’archivage : les liens entre les deux disciplines ne manquent pas. Pourtant, la danse masculine a trop souvent pâti d’une image déformée. Il en est question, durant cette biennale qui propose, par ailleurs, à des artistes de donner libre cours à leurs chorégraphies dans des vitrines de magasins où sont exposées des clichés.

Pedro Pauwels est L’Invité Culture.

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François Vatel, le premier burn-out de l’histoire

Le 24 avril 1761, le cuisinier François Vatel se suicide, alors que la marée commandée pour le festin de Louis XIV à Chantilly, chez le prince de Condé, n’arrive pas. Pensant être déshonoré, le grand organisateur de ces ripailles royales préfère se donner la mort, deux heures à peine avant la livraison des poissons !

Davantage maitre d’hôtel, organisateur d’évènements, que véritable cuisiner, Vatel est pourtant entré dans l’histoire comme un chef au destin tragique.  Dans l’Histoire à la Carte, Thierry Marx revient sur cet épisode et souligne qu’il s’agit sans doute du premier « burn-out » médiatisé de l’histoire. La recette proposée est un potage au canard.

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Ingrédients pour 6 personnes : 1 kilo de jeunes navets, 1 magret de canard, 2 grammes de sucre, 1 litre d’eau, 25 g de beurre.

Préparation : Faire revenir les navets dans une poêle avec le beurre et le sucre, mouiller à hauteur avec l’eau ; laisser cuire 25 minutes à frémissement. Pendant ce temps, faire rissoler le magret sur sa partie grasse durant 5 minutes, puis pendant 7 minutes sur l’autre face ; retirer du feu, émincer en lamelles que l’on dore à nouveau à la poêle. Servir en arrosant du potage.

Marc Coppey, le violoncelle au coeur

C’est l’un des plus anciens festivals de musique classique en France, qui s’ouvre ce 20 mai : Les Musicales de Colmar. Avec cette année, une volonté de se positionner, pour les artistes, au centre de l’Europe.

Son directeur artistique, l’Alsacien Marc Coppey, a souhaité montrer que, pour les musiciens, l’Europe n’est pas un projet, mais une réalité millénaire. Jusqu’au 28 mai, de nombreux concerts se dérouleront, avec une soirée entre Monteverdi et Wagner, de la musique de chambre depuis Lully jusqu’à Tchakoswki, ou encore des rendez-vous philharmoniques.

Le violoncelliste, qui joue sur un instrument fabriqué à Venise en 1711, est tombé amoureux du violoncelle dès l’enfance, en écoutant un sextuor de Brahms. Il sortira en juin un disque autour de Dvorak et Bloch

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Isabelle Bertola tient les fils de la biennale de la marionnette !

À partir du 9 mai, la Biennale de la marionnette investit l’Ile de France. Une quinzaine de scènes – dont le Mouffetard, la Maison des Métallos, ou la Nef à Pantin -, une trentaine de spectacles par des compagnies venues de toute l’Europe et du Québec, et des thématiques fortes en actualités. Car la marionnette n’est plus cet amusement pour enfants émerveillés, elle est devenu un art qui raconte le monde, dans sa fureur et sa brutalité, mais aussi dans sa poésie et ses espoirs.

L’exil bien entendu et la question des milliers de réfugiés climatiques ou économiques, ceux fuyant la guerre. Dans J’y pense et puis, A, Unknown Land, Quelle tête ? ou Une Poignée de gens, les artistes nous parlent de ces hommes et de ces femmes qui sans chercher l’eldorado, tentent simplement de trouver une terre où poser leurs valises.

Tandis que la compagnie suisse des Hélices puise dans la pièce de Ionesco, Rhinocéros et sa dénonciation de la montée du totalitarisme, des éléments pour mieux comprendre l’actualité, la compagnie belge Point Zero dénonce de front le commerce des armes en Belgique avec Gunfactory.

La place que l’on occupe est aussi parfois celle que l’on usurpe comme dans la nouvelle création de Jean-Louis Heckel Max Gericke ou pareille au même ; celle à laquelle on s’accroche, coûte que coûte pour ne pas perdre son rang comme le fait le truculent couple formé par Agnès Limbos et Thierry Hellin dans Axe ; celle qu’on nous impose dans Le Retour à la maison de Yannick Pasgrimaud. Avec à2pas2laPorte, le collectif Label Brut nous montre que trouver sa place est aussi un apprentissage que l’on fait en grandissant.

Isabelle Bertola, directrice du Mouffetard, théâtre des arts de la marionnette, est L’Invité Culture.

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Annie Feolde : la « french Touch » en Italie

 

Annie Feolde est née à Nice dans une famille d’hôteliers, mais très vite elle s’échappe du foyer pour apprendre le métier. A Florence, elle tombe amoureuse de la cuisine italienne, et d’un sommelier. Tous deux vont fonder un établissement qui acquiert, à force de travail et de persévérance, trois étoiles au Michelin.

La gastronomie italienne conserve une proximité avec le terroir, une force de la ruralité, qui permettent à Annie Feolde de travailler au plus près les meilleurs produits encore davantage valorisés par sa french touch. Pour L’Histoire à la Carte, Thierry Marx vous propose une recette de spaghettis faits main : pici con le briciole.

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Ingrédients pour 4 personnes : 250 g de farine plus 2 cuillères à soupe, 100 ml d’eau gazeuse, 50 g de miettes de pain, 1 gousse d’ail, 4 filets d’anchois salés, 20 g de thym et de persil hachés, 4 cuillères à café d’huile d’olive extra vierge, sel et poivre, persil.

Préparation : Disposer la farine en fontaine avec une pincée de sel, verser l’eau au centre, bien mélanger le tout ; pétrir avec énergie pour obtenir une pâte homogène, la saupoudrer de farine et l’abaisser en une feuille d’un demi centimètre d’épaisseur ; rouler pour former un boudin. Découper des tranches de 2 cm au moyen d’un couteau enfariné ; dérouler les bandes sur le plan de travail. Frotter chaque ruban entre la paume des mains pour l’étirer en longs spaghetti ; saupoudrer de farine pour qu’ils ne se collent pas. Laisser reposer au frais sous un torchon propre. Dans une poêle huilée, faire revenir l’ail écrasé, ajouter 2 anchois hachés et les laisser fondre, ajouter les herbes ; bien mélanger. Cuire rapidement les spaghetti dans l’eau bouillante salée en remuant une ou deux fois à la fourchette pour les détacher. Les pâtes doivent rester un peu molles, et ne pas devenir « al dente » (le temps d’exécution est ici très délicat). Égoutter les pâtes, les réserver, puis les faire sauter à la poêle avec la sauce et les miettes de pain ; ajouter les deux autres anchois coupés en cubes, et un peu d’eau de cuisson si nécessaire pour finir de les gonfler. Assaisonner d’un trait d’huile d’olive extra vierge, à cru. Bien mélanger et servir en décorant d’un peu de persil.

Gilles Étéocle, un chef charismatique du Lyonnais

Voilà un homme qui a tout donné pour son métier. Deux étoiles pendant trente-trois ans pour La Poularde, à Montrond-les-Bains, en Haute Loire, Gilles Étéocle a aussi été un grand formateur. Beaucoup de grands chefs actuels sont passés par ses fourneaux ; il avait le sens de la transmission d’un savoir-faire.

Reprenant le restaurant de son beau-père, ce fils de pâtissier en a fait une grand maison, à la cuisine de terroir. Pour L’Histoire à la Carte, Thierry Marx retient aussi la collaboration entre Gilles Étéocle et son sommelier Éric Beaumard, mettant en valeur le duo entre la cuisine et la salle. La recette que nous vous proposons est celle de la rouelle de turbot.

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Ingrédients : 4 rouelles de turbot de 200 g pièce, 2 belles échalotes, 200 g de champignons, un demi litre de crème fleurette, 1 dl de réduction de fumet de turbot, un demi dl de vin blanc, 1 botte d’épinard, beurre, sel et poivre.

Préparation : Faire suer les échalotes et les champignons dans le beurre. Après coloration, ôter le surplus de beurre ; déglacer avec le vin blanc. Ajouter la réduction de poisson, puis la crème fleurette ; rectifier l’assaisonnement. Passer au chinois ; réserver au chaud. Faire cuire les rouelles de turbot à la poêle (démarrer la cuisson côté peau blanche sur un feu pas trop vif pendant 5 minutes, retourner et cuire à nouveau 5 minutes) ; tenir au chaud. Déposer la rouelle sur un lit d’épinards en branches juste tombés au beurre, napper le fond de l’assiette avec la sauce fleurette.

Mehdi Ben Cheikh : un musée de street art à Paris

Il est bien loin le temps des tags sauvages sur les murs des cités. Aujourd’hui le street art est une discipline à part entière, certains graffeurs sont des stars mondiales qui comptent des millions de followers sur les réseaux sociaux, et des galeries se sont spécialisées dans ce secteur.

C’est le cas d’Itinérrance, créée par Mehdi Ben Cheikh, que certains désignent comme le « pape » du street art en France. Il a lancé le projet fou de couvrir des dizaines de murs dans le 13° arrondissement de Paris, pour en faire un musée gratuit à ciel ouvert. Il est L’Invité Culture, en compagnie du graffeur Bom.K (à droite).

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Antonin Carême, cuisine et diplomatie

Né cinq ans avant la Révolution française, Antonin Carême a été le premier grand chef du 19° siècle. Passionné d’architecture, il créait des pièces montées extravagantes, qui passaient pour le must de l’époque, et que montrent les illustrations de son livre L’Art de la Cuisine.

Il fut aussi, et peut-être surtout, le cuisiner de la diplomatie, sous l’impulsion de Talleyrand qui avait compris que faire asseoir des ennemis autour d’une table constituait le meilleur moyen d’amorcer un rapprochement. C’est ainsi que Carême fut chargé de préparer le repas du Congrès de Vienne, en 1814.

Dans L’Histoire à la Carte, Thierry Marx vous propose la recette emblématique d’Antonin Carême : les biscuits à la cuiller.

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Ingrédients :

80 g de blanc d’œuf, 125 g de blanc d’œuf, 15 g de sucre, 50 g de fécule tamisé, 50 g de farine tamisée, du sucre glace en abondance.

Préparation :

Travailler les jaunes d’œufs pour en faire doubler le volume. Ajouter les blancs montés en neige avec le sucre, puis la fécule de pomme de terre. Quand la pâte est onctueuse et homogène, la coucher sur une plaque de four à l’aide d’une poche à douille, en donnant la forme allongée des biscuits. Mettre dans un four préchauffé à 220°. Enfourner une première fois, et quand le biscuit a gonflé, mais sans être coloré, le ressortir et saupoudrer généreusement de sucre glace. Repasser à four chaud et laisser refroidir. On peut conserver les biscuits à la cuillère deux à trois jours.

Alain Baraton : « Cultiver, c’est se cultiver »

On entend sa voix chaleureuse sur les ondes, on voit son visage jovial sur les télévisions, on dévore avec jubilation ses livres érudits. Le jardinier Alain Baraton s’est fait un nom au delà de sa fonction de jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand parc du château de Versailles. Son dernier opus, « Le camélia de ma mère », vient de paraître chez Grasset.

Comment est-il passé des arbres taillés aux feuilles écrites ? Est-ce à dire que « cultiver, c’est se cultiver » ? Oui, à l’en croire, car il prétend que seul une intelligence, une humanité, une bienveillance, un savoir, peuvent donner la « main verte ». Et chaque histoire de plantes, de jardins, de domaines, s’émaille d’histoires culturelles et artistiques.

Alain Baraton est ici L’Invité Culture. Il participera dimanche 9 avril au salon du livre d’Autun.

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Nouveau site !

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Il a fait peau neuve pour la sortie de mon nouveau roman « Les Fantômes du 3° étage » au Seuil.

Pardon pour les imperfections.

À bientôt !