Alain Baraton : « Cultiver, c’est se cultiver »

On entend sa voix chaleureuse sur les ondes, on voit son visage jovial sur les télévisions, on dévore avec jubilation ses livres érudits. Le jardinier Alain Baraton s’est fait un nom au delà de sa fonction de jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand parc du château de Versailles. Son dernier opus, « Le camélia de ma mère », vient de paraître chez Grasset.

Comment est-il passé des arbres taillés aux feuilles écrites ? Est-ce à dire que « cultiver, c’est se cultiver » ? Oui, à l’en croire, car il prétend que seul une intelligence, une humanité, une bienveillance, un savoir, peuvent donner la « main verte ». Et chaque histoire de plantes, de jardins, de domaines, s’émaille d’histoires culturelles et artistiques.

Alain Baraton est ici L’Invité Culture. Il participera dimanche 9 avril au salon du livre d’Autun.

Écouter l’émission :

Le Prix Vialatte remis à Eric Vuillard

Dans 14 juillet (Acte Sud), Eric Vuillard redonne la parole au peuple. En effet, si la prise de la Bastille est l’un des évènements les plus célèbres de tous les temps, on nous récite son histoire telle qu’elle fut écrite par les notables, depuis l’Hôtel de ville, du point de vue de ceux qui n’y étaient pas.

Le récit, lui, raconte l’histoire de ceux qui y étaient. Un livre ardent, où notre fête nationale retrouve sa grandeur tumultueuse. C’est quasiment du breaking news, de l’info en continu où l’on suit les événements, minute par minute, heure par heure, sans même savoir si ils entreront dans l’histoire ou non.

 

L’écrivain a été récompensé cette semaine par le Prix Alexandre Vialatte, soutenue par le groupe Centre France et le journal La Montagne où Vialatte fut un chroniqueur remarqué et remarquable.

Simon et l’encre de Chine

Il est dessinateur, peintre, écrivain, poète, et amoureux du voyage. Un beau cocktail pour  ce créateur iconoclaste et tendre. Simon entrelace avec talents ses trois passions : aller à la rencontre des autres, les dessiner, et les raconter. Dans Voyages d’Encre, aux éditions Akinomé, il mêle les trois pour évoquer le pays où il a passé plusieurs années : la Chine.

Depuis ses débuts, le voyage – autant lointain qu’intérieur – est le moteur de son inspiration. Dans ce livre, Simon offre, par petites touches, un portrait de cet immense territoire aux multiples facettes. Simon est L’Invité Culture.

Écouter l’émission :

Jury du Prix Méditerrannée

IMG_0599Le jury du Prix Méditerrannée vient de se réunir sous la présidence de l’académicien Dominique Fernandez.

Trois livres ont été retenus pour le roman français, le roman étranger, et l’essai. Cette année j’étais dans le jury français.

img_06001.jpg

Le lauréat figure donc parmi la sélection que j’avais reçue en début d’année (ci-contre). La proclamation sera effectuée le 7 juin prochain !

Patience…

Alma Brami dans la peau d'un chômeur de cinquante ans

Charles Gérault est un chômeur de cinquante ans, brami livresituation sans issue par les temps qui courent. Empêtré dans sa timidité, son empêchement de sortir de lui-même, prisonnier d’une mère culpabilisante, incapable d’aimer ou pour le moins d’exprimer ses émotions et ses opinions, il navigue entre des sentiments impossibles et des rencontres improbables. Surtout, il dénigre tout ce qui l’entoure. Mais intérieurement seulement. Aucun mot ne sort jamais de sa bouche de pleutre. Peut-il s’en sortir ? bramiComment rebondir ? Vers quelle dignité ?

En se mettant dans la peau d’un homme, Alma Brami surprend une nouvelle fois. Ses personnages ont le nez dans le ruisseau mais tiennent le haut du pavé littéraire. Par la force de l’écriture, ils sont émouvants, attachants, et Gérault deviendrait presque sympathique (malgré sa vilaine vision des femmes). Peinture réaliste d’une frange de la société qui a du mal à suivre le chemin, J’aurais dû apporter des fleurs (Mercure de France) remue nos consciences de nantis. Un livre noir mais lumineux. À lire absolument.

Oser Sade à Orsay…

Portrait du jeune Sade par Charles van Loo
Portrait du jeune Sade par Charles van Loo

Sade, né un quart de siècle après Charles Boucher, n’a donc jamais connu ce conseiller au Parlement de Paris et Prévost des marchands. C’est pourtant chez lui, ou presque, que le Marquis se retrouve jusqu’en janvier prochain, puisque ledit Boucher, seigneur d’Orsay petite localité du sud francilien, a donné son nom à un quai, qui l’a ensuite glissé par contagion au ministère des Affaires étrangères, puis à une gare devenue Musée.

Picasso "Figures au bord de la mer"
Picasso « Figures au bord de la mer »

Dans Les Cent Vingt Journées de Sodome, Sade écrit : « Combien de fois, sacredieu, n’ai-je pas désiré qu’on pût attaquer le soleil, en priver l’univers, ou s’en servir pour embraser le monde ? » Attaquer le soleil, tel est le titre de l’exposition présentée au Musée d’Orsay à l’occasion du bicentenaire de la mort de l’écrivain. Avec pour ambition de montrer comment, avant de devenir majeure dans la pensée du XX° siècle, l’oeuvre de Sade a induit une part de sensibilité dès le XIX° siècle, par exemple chez Delacroix, Moreau, Ingres, Degas, Cézanne, ou Picasso.

louvre-medee-furieuse
Delacroix « Médée furieuse »

Ainsi que l’exprime la commissaire Annie Le Brun, cette pensée « découvrant l’imaginaire du corps, va amener à la première conscience physique de l’infini. » À voir jusqu’au 25 janvier 2015.

Par ailleurs, en écho à cette exposition, l’auditorium du musée propose un cycle de films consacrés à Sade, dont Le Divin Marquis de Sade d’Enfield, Salò de Pasolini, ou La Vie criminelle d’Archibald de la Cruz de Buñuel.

Un polar de banlieue

flic-ou-caillera-cover2Il avait déjà écrit « Les anges s’habillent en caillera », pour raconter sa ville de Saint-Denis, Rachid Santaki récidive avec « Flic ou caillera » (ed. du Masque)  : un jeune d’une cité confronté à une bande de caïds, et sollicité par une jeune flic issue de la banlieue. L’écriture est noire, mais l’auteur se défend de peindre la banlieue avec cette noirceur. Il s’en explique ici, et nous évoquons ensemble le regard de la société sur les cités, et réciproquement.

Ecouter l’entretien :

Rachid Santaki sera ce week-end au salon Quais du polar, à Lyon.

Salon du livre : c’est dans la poche !

2952285547113469181A l’occasion du Salon du Livre, le Livre de Poche célèbre ses 60 ans d’existence. Pour l’occasion une grande exposition retrace jusqu’à lundi, porte de Versailles à Paris, le parcours de cette collection qui fut en son temps novatrice, sur le format, sur le prix, mais aussi par ses couvertures. « Le Grand Meaulnes« , n° 1000 du catalogue y a été vendu à 5 millions d’exemplaires ! Cécile Boyer-Runge, directrice générale, a été récemment mon invitée.

Ecouter l’entretien ici :

Le Printemps des poètes

265-4f4666989c2eaJusqu’au 24 mars, c’est le Printemps des Poètes, qui permet de faire vivre partout en France la poésie d’aujourd’hui. C’est la quinzième édition de ce rendez-vous, au succès grandissant. Son directeur artistique, Jean-Pierre Siméon, auteur de « La vitamine P » (éd. Rue du Monde), et le poète Yvon Le Men, auteur de « A louer chambre vide pour personne seule » (éd. Rougerie), étaient mes invités.

Ecouter la séquence ici : 

Si tu as besoin de neige au printemps, ouvre un livre / Si tu a besoin de printemps au printemps, ouvre la fenêtre /Sauf aujourd’hui (Yvon Le Men)