Quand la culture surpasse l’histoire

Aragon pensait que « la souffrance enfante les songes », et il précisait que « l’homme crie où son fer le ronge, et sa plaie engendre un soleil » (Les Poètes, 1960). Pourtant, comment créer à partir de l’horreur la plus absolue ? Des syrieartistes syriens ont publié en 2013 un livre rassemblant leurs oeuvres, dessins, photos, peintures, collages (L’art en armes, Le Monde/Lamartinière). La préface de Jacques Mandelbaum préparait le lecteur : « La mort tapie derrière l’œuvre, et l’œuvre comme défi à la mort. »

KaufmannSerge Kauffmann, lui, a composé une oeuvre magistrale à partir de la Shoah : Ima où la mère dépossédée. Défi ultime face à l’un des drames les plus ignobles de l’humanité. Par une écriture musicale empreinte de la douleur mais aussi d’une forme d’espérance, par des harmonies puissantes et une mélodie qui emporte avec elle, ce musicien offre un moment artistique d’une grande humanité, bien qu’il soit né de l’inhumain.

Récemment jouée à la grande synagogue Copernic, à Paris, avec un choeur et un orchestre dirigé par Itaï Daniel, ce morceau unique en son genre a remporté un véritable triomphe.

Kaufmann

Écouter un extrait de Ima ou la mère dépossédée :

 

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