Jules Verne à la lettre

extraitLire Jules Verne c’est déjà une aventure, un voyage littéraire extraordinaire, qui a bercé nos jeunes années, et qui continue de faire rêver à l’âge adulte. Mais pouvoir appréhender l’écriture du romancier d’anticipation, c’est un plus formidable : découvrir son monde intime, entrer dans sa personnalité, sentir l’homme derrière les mots, imaginer sa façon de penser… On le voit, là, plume à la main, devant son bureau, réfléchir aux tournures de phrases. On le surprend, ici, à barrer telle expression, à rajouter un adjectif, à former les lettres. Et quelles lettres ! De belles lettres, dans la forme autant que sur le fond. Avec élégance et détermination, Verne avance dans son texte, et plus le récit progresse, plus les lignes se resserrent, comme si l’écrivain était pris dans le tourbillon de son imagination. La partie droite de la feuille est laissée vide pour s’autoriser de nouvelles corrections. Ce manuscrit est une pièce rare à savourer.

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Auteur français sans doute le plus traduit dans le monde (avec Saint-Exupéry), Jules Verne était surnommé par le Times « le prince des conteurs« . L’idée d’un récit sous-marin lui a été soufflée par Georges Sand, bluffée après la lecture de Cinq semaines en ballon et Voyage au centre de la terre. Plusieurs titres furent testés, avant l’adoption définitive de Vingt mille lieues sous les mers.

Paysages sous marins de l'ile Crespo

Paysages sous marins de l’ile Crespo

Ici le terme désigne la lieue métrique (quatre kilomètres) et non la profondeur. C’est donc une référence à la distance parcourue par le Nautilus (80 000 km).

Conservé à la Bibliothèque nationale de France, le manuscrit avait été cédé par le fils de Jules Verne au prince Roland Bonaparte, qui fut président de la Société de Géographie de 1910 à 1922. On peut le voir sur Gallica, mais les Éditions Les Saints-Pères le proposent en coffret de luxe, pour les amateurs de belle littérature (même avec ratures), enrichi des gravures de l’époque signées Alphonse de Neuville et Edouard Riou.

Le dernier mot pour Jules Verne : « Si je ratais ce livre-là, je ne m’en consolerais pas. Je n’ai jamais eu un plus beau sujet entre les mains. »

Ecouter l’entretien avec Jessica Nelson, direction des Editions Les Saint-Pères, ici :

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