Ito Naga, poète aux Lectures sous l’arbre

Ito Naga © Régis Nardoux

Sur le plateau du Vivarais, les chênes ne sont pas monnaie courante. Il en est un, toutefois, qui est connu de toute la région, et même au-delà, car il sert d’emblème aux Lectures sous l’arbre, un festival de poésie jusqu’au 20 août au Chambon-sur-Lignon.

Il a été planté par l’éditeur Jean-François Magnier, venu s’installer là il y a 35 ans, au lieu-dit Le Cheyne, mais avec un « y ». 35 ans plus tard, le succès est là, Cheyne Éditeur est l’un des principaux acteurs du monde de la poésie, et organise tous les ans, sous l’arbre fétiche donc, des rencontres-lecture avec des poètes et des écrivains de tous horizons.

Parmi les auteurs invités, l’astrophysicien Ito Naga. Ce scientifique qui a travaillé à la Nasa et à l’Agence Spatiale Européenne, a publié son premier recueil – « Je sais » – au Cheyne Éditeur il y a une dizaine d’années.

Il est ici L’Invité Culture, et sera présent mercredi et jeudi pour ses « lectures sous l’arbre ».

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Faire fleurir la poésie en son printemps…

Jean-Pierre Simeon © Miguel Sanchez-Martin RATP

Jusqu’au 19 mars, c’est le Printemps des Poètes. La poésie est un art délaissé en France, mais qui semble connaitre un renouveau avec les jeunes générations. Et c’est la 19° édition.

Il y a forcément une manifestation avec de la poésie tout près de chez vous, comme l’explique Jean-Pierre Siméon, directeur du Printemps des Poètes, dont le le livre La poésie sauvera le monde vient de ressortir en poche, aux éditions Le passeur……

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Dominique Marny : le mystère de Jean Cocteau.

© dominique-marny.com
© dominique-marny.com

En 1924, Jean Cocteau est bouleversé par la mort de son ami Raymond Radiguet, dont il est amoureux. Dévasté par le chagrin, il s’enferme dans une chambre d’hôtel sur la Côte d’Azur et, porté par la grâce de son imagination et l’aide de l’opium, il se dessine inlassablement devant le miroir. Il en résulte une série d’autoportraits sublimes : « Le Mystère de Jean l’oiseleur ». Édité à 130 exemplaires seulement en 1925, le manuscrit n’a jamais été publié depuis. Les Éditions des Saints Pères le rendent aujourd’hui accessible pour la première fois. Dominique Marny, petite nièce du poète, écrivain, et vice-présidente du comité Jean Cocteau, a rédigé la préface de cet album exceptionnel. Elle est ici L’Invité Culture.

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Prix Méditerranée

Plein de bonnes choses, ces jours-ci, dans un monde pourtant pas toujours enthousiaste. L’arrivée du printemps, depuis quelques jours dans l’atmosphère, ce vendredi au calendrier. Le Salon du livre à Paris, toujours un événement, en dépit d’une préférence un peu chauvine pour la Foire du livre de Brive. Les prix Méditerranée, dont les jurys se sont réunis sur deux jours à Paris. Un joli mélange des trois pourrait faire rêver à un bon bouquin à dévorer sous les soleil de la grande Bleue, non ?

Orizet
Le jury poésie

J’ai siégé dans les catégories poésie, roman français, et essai. Pour la première, le prix Nikos Gatsos présidé par Nana Mouskouri,  la couronne est revenue (à une très large majorité des jurés) à Jean Orizet. Cofondateur de la revue Poésie 1 et des éditions du Cherche Midi, il le mérite tant par la richesse et l’ampleur de son œuvre, que par la profondeur de son écriture, et par les sujets qu’il traite : l’ailleurs, le voyage, le temps, soi-même dans le monde. A lire Le regard et l’énigme (Cherche Midi Éditeur) anthologie de ses principaux recueil.

110881_couverture_Hres_0En ce qui concerne le prix roman, le choix fut serré entre Françoise Chandernagor pour Vie de Jude, frère de Jésus (Albin Michel), et Valérie Zénatti pour Jacob, Jacob (Éditions de l’Olivier). Ce dernier l’a emporté (avec mon soutien), tant ce récit est à la fois poignant et beau. Une période de l’histoire remise en lumière : les jeunes garçons des colonies nord-africaines enrôlés pour aider la Première armée à libérer le sud de la France, puis à remonter vers le Jura et l’Alsace. Une écriture qui emporte, et à double focale : vue de Constantine par la famille qui attend sans savoir ; dans la foulée du jeune homme qui voit tomber ses copains un à un, mais qui s’engage totalement, jusqu’à la mort. La progression est allégorique et puissante dans son collectif, fragile et douloureuse dans l’intimité de Jacob. C’est aussi, au delà de la stratégie, de la politique, ou des religions, un formidable et inédit trait d’union entre les deux rives de la Méditerranée.

Enfin, lauréat du prix essai, Thierry Clermont pour un texte enlevé sur Venise, par le biais de ses grands morts, et en visitant l’île-cimetière de San-Michele (Le Seuil). Un voyage littéraire, historique, dans le dédale des ruelles et des canaux de la Sérénissime, qui redonne vie à de grandes personnalités qui ont marqué la ville et nous la font aimer.

Mediterranée 2015
Les lauréats autour d’une partie du jury

 

 

Ferrat et Palestine

Palestine © B. Thomasson
Palestine © B. Thomasson

 

 

« Ecris quelque chose de joli
Des vers peut-être ou de la prose
Un instant de rêve et de pause
Dans le tumulte de la vie »

Jean Ferrat, L’embellie.

Prix Nikos Gatsos 2015

prix gatsosSix recueils de poésie sont en lice pour le prix Nikos Gatsos, présidé par Nana Mouskouri, et dont suis membre. Jean Orizet, cofondateur de la revue Poésie 1 et des éditions Cherche Midi, pour l’ensemble de son œuvre, traduite dans plus de vingt langues, et condensée dans Le regard et l’énigme (Cherche Midi). Roselyne Sibille, poète et écrivain de voyage, pour Ombre monde (Les Editions Moires). Yanis Ritsos (à qui l’on doit ce très beau vers : « La poésie n’a jamais le dernier mot, le premier toujours »), pour La Marche de l’océan (Éditions Bruno Doucey). Maram al-Masri, elle écrit en arabe et en anglais, pour une anthologie de la poésie syrienne : L’Amour au temps de l’insurrection et de la guerre (Le Temps des Cerises). Christophe Langlois, amateur d’insolite, pour L’amour des longs détours (Gallimard). Kamal Ben Hameda, Tunisien installé aux pays-bas, pour Le Livre du camp d’Aguila (Elyzad). Nous nous réunirons le jeudi 19 mars pour délibérer et désigner le successeur de Guy Béart, lauréat l’an dernier.

Apollinaire et Niagara

 

© B. Thomasson

 

« L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente »

Guillaume Apollinaire, Le pont Mirabeau.

 

Nerval et Argentine

Lago Argentino © B. Thomasson
Lago Argentino © B. Thomasson

« Homme ! libre penseur – te crois-tu seul pensant

Dans ce monde où la vie éclate en toute chose :

Des forces que tu tiens ta liberté dispose,

Mais de tous tes conseils l’Univers est absent. »

*

Gérard de Nerval. Mysticisme.

Corneille et Petra

Petra © B. Thomasson
Petra © B. Thomasson

« Marquise, si mon visage

A quelques traits un peu vieux,

Souvenez-vous qu’à mon âge

Vous ne vaudrez guère mieux. »

Pierre Corneille, « Stances », Recueil de Sercy, 1660.