Vite, les livres…

prixIl y a eu la douleur, la colère, l’hommage, les questions, l’émotion, il restera les souvenirs et la mémoire. Mais la vie continue, sous un nouveau jour, elle doit reprendre le dessus. Et pour s’éclairer, s’ouvrir aux autres, découvrir d’infinis horizons, des mondes différents, des peuples lointains, des cultures inconnues, pour lutter contre l’obscurantisme,quel meilleur outil qu’un livre ? Voilà qui tombe bien, le Prix Méditerranée vient de m’envoyer la première fournée de la sélection pour l’édition 2015.

Le bonheur de se plonger dans des univers nouveaux. La liste n’est pas exhaustive, mais il y a déjà Simonetta Greggio Les nouveaux monstres (Stock), Thierry Clermont San Michele (Seuil), Anne Revah Quitter Venise (Mercure de France), Paul Veyne Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas (Albin Michel), Emmanuel Carrère Le Royaume (Seuil), Marie Ferranti Les maitres de chant (Gallimard), Valérie Zenatti Jacob, Jacob (Éditions de l’Olivier).

Commentaires sur chacun d’eaux, à suivre d’ici la première réunion du jury, le 11 mars…

Ne pas rester au Seuil de la littérature

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Antoine Volodine

« Chabatz d’entrar ». En Limousin, cette formule de politesse signifie : « Finissez d’entrer ! » On la prononce à l’invité à qui le café (ou la Liqueur Denoix en fonction de l’horaire…) sera servi pour rendre sa visite plus chaleureuse. La télévision régionale en a même fait plusieurs années durant le titre d’une de ses émissions phares. J’ai toujours aimé lire, depuis l’enfance. Quant aux premières pulsions d’écriture, elles sont survenues à l’âge où l’on quitte la jeunesse pour entrer dans la vie d’adulte. Mais jamais je n’avais osé pousser la porte de la littérature, je n’avais répondu à cette formule toute limousine chabatz d’entrar.

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Lydie Salvayre avec le patron du Seuil Olivier Bétourné

Jusqu’à ce que, la quarantaine passée, la plume de l’écrivain bouscule le stylo du journaliste. Que le besoin de jouer avec les mots autrement que pour narrer l’actualité du jour se fasse pressant. Que l’envie de raconter mes histoires plutôt que celle des autres s’impose à moi. C’est alors qu’une grande famille m’a accueilli le plus naturellement du monde, comme son nouvel enfant. Ne me laissant pas au pas de sa porte, elle m’a autorisé à en franchir le Seuil. Je suis fier et heureux de lui être fidèle, de tracer avec elle un sillon que j’espère long et fécond (même si des projets ponctuels m’ont conduit, et me conduiront encore vers d’autres maisons). Je le suis d’autant plus, après cette folle semaine : un Médicis, un Goncourt, un Décembre. Trois soirée de fête aux côtés de talents formidables : Antoine Volodine, Lydie Salvayre et Elisabeth Roudinesco.

Cerise sur le clafoutis (corrézien) : le plaisir de conclure cette semaine historique, chez moi, à Brive, pour une Foire du Livre exceptionnelle, dans cette ville au cœur de mon dernier roman « Un été sans alcool ». Rendez-vous donc jusqu’à dimanche, au stand du Seuil, pour partager notre amour de la littérature.

photo 2Et j’ajoute, durant cette belle semaine, le prix Apollinaire remis à la Bulgare Askinia Mihaylova pour son très beau recueil « Ciel à Perdre« . L’occasion de saluer le Poète (à gauche), une statue d’Étienne, à quelques mètres de la rue Apollinaire, à Saint-Germain des Prés, et mon ami poète Jean-Pierre Siméon qui a remis le prix après une lecture de Brigitte Fossey (photo ci-dessous).

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Les murs murent les murmures…

header_de_l'autre_cote_du_murQu’y a-t-il de plus beau que murmurer au creux de l’oreille de quelqu’un qu’on aime ? Dans un souffle, la passion, les souvenirs, l’histoire, les émotions glissent d’un être à l’autre. À Berlin, entre août 1961 et novembre 2009, ces murmures là étaient interdits, murés par des plaques de béton coupant la ville en deux. Si j’ai écrit mon premier roman sur ce drame (« Ma petite Française » Seuil 2011), c’est parce que j’ai été confronté à ce Mur dès 1977, à l’âge de quinze ans, alors que j’allais passer mes étés chez des amis. Mur dont les 25 ans de la chute seront célébrés dimanche 9 novembre.

Autant dire que j’ai vu avec intérêt le film de Christian Schwochow : « De l’autre côté du Mur« . Il raconte une situation souvent méconnue, que j’abordais déjà dans mon roman. Les Allemands de l’Est, qui réussissaient à passer à Berlin Ouest, devaient franchir l’étape du camp de Marienfelde. Interrogatoires serrés pour les candidats à la liberté, ceux-là même qui fuyaient les questions de la Stasi dans leur pays. Parfaitement servi par le jeu de berlinl’actrice Jördis Triebel, ce long métrage plonge dans les errements et les doutes de ces hommes et femmes sans patrie réelle, et qui n’étaient pas les bienvenus chez leurs frères de l’Ouest. À voir sur les écrans à partir de ce mercredi 5 novembre !

Et j’ajoute à propos de Berlin un livre intime, riche, et passionnant sur la capitale allemande : « Berlin, histoire, promenades, anthologie et dictionnaire« , dans la collection Bouquins chez Robert Laffont. Il est signé de l’écrivain et musicien David Sanson, ancien pensionnaire de la Villa Médicis. Un bel ouvrage pour vagabonder au coeur de cette cité riche d’histoire et en pleine construction de son avenir.

 

Philippe Labro : « Une journée sans musique est une journée foutue ! »

product_9782070141548_195x320Il a écrit de nombreux romans, réalisé plusieurs films, écrit des chansons, mais il se veut avant tout, depuis toujours et encore aujourd’hui, journaliste. Le dernier livre de Philippe Labro, « On a tiré sur le Président » (Gallimard), exprime parfaitement cette dualité entre le factuel et la fiction. Président du jury du prix littéraire Maison de la presse, il a annoncé le lauréat sur l’antenne : François d’Epenoux pour « Le réveil du cœur » (Anne Carrière). Son invité : Pierre Lescure.

Ecouter l’émission avec Philippe Labro ici : 

Yann Queffelec, entre mer et mère dans ses vacances d’enfant

Queffelec plon_Chez les Queffelec, on écrit de père en fils, et avec le même talent. Portant la Bretagne au cœur, Yann Queffelec apprécie aussi de voyager et de découvrir d’autres horizons. Mais il garde un souvenir impérissable des trois mois de vacances de son enfance, sur les bords de l’aber Ildut, entre les odeurs de la mer et la chaleur des filles qui entouraient sa mère et sa grand-mère. Il raconte son pays dans le « Dictionnaire amoureux de la Bretagne » (éd. Plon)

queffelec poucetAux éditions du Rocher, il vient aussi de publier « La traversée du Petit Poucet« . Ecouter Yann Queffelec ici : 

Quand le monde mur(s)mur(e)

1348663293_809707831Souvent au cours d’un voyage, voyons-nous sur un mur de belles fresques ou des dessins malhabiles. Au delà du tag, ce sont parfois de véritables peintures, qui révèlent un peu plus l’âme du lieu où elles se trouvent, et de leurs auteurs. Dominique Rabotteau et Frédéric Soltan, deux producteurs de télévision et réalisateurs de documentaires prennent en photo ces images depuis près d’un demi-siècle. Ils en ont fait un très beau livre « Murmures du monde » (éd. La Martinière). Ils sont venus en parler dans le 12-14.

Ecouter la séquence ici :

Une belle rentrée littéraire !

Le roman français est à l’honneur pour cette rentrée littéraire, dont la production ne dément pas la qualité. 646 livres sont publiés entre août et octobre, avec le retour en force de grands auteurs, la percée de valeurs montantes, quelques nouveaux venus de qualité, et un jeu très ouvert pour les prix de l’automne. Tour d’horizon en compagnie de Christophe Ono-Dit-Biot, dirceteur adjoint de la rédaction du Point, un des spécialistes des livres sur France info…

De la littérature

Un amoureux des livres décide à vingt ans, en 1982, de créer un cercle littéraire, le Centre Méditerranéen de Littérature, le CML. Pour ce faire, il invite au culot Hervé Bazin, à l’époque président du Goncourt, et crée un prix littéraire qui a conquis depuis une renommée internationale. André Bonet est toujours le président du CML, fondé il y a tout juste 30 ans, comme le rappelle « Une aventure méditerranéenne » (éd. Talaia).

Ecouter la séquence (où l’en retrouve aussi deux lauréats du Prix méditerranée, Jean-Christophe Rufin et Chochana Boukhobza) ici : 

Avant d’obtenir (éventuellement) le prix Méditerranée, encore faut-il écrire un roman, et le publier ! Près de deux millions et demi de Français se seraient déjà lancé dans l’aventure littéraire. Deux chercheurs, spécialistes de l’édition contemporaine et responsables des masters « politiques éditoriales » et « commercialisation du livre à l’université Paris-Villetaneuse, ont publié une étude sur les néo-écrivains. « Entrer en littérature » est paru aux éditions Arkhé. Corinne Abensour (co-auteur avec Bertrand Legendre) était invitée du 12-14.

Ecouter la séquence ici :