Viva Villa

Découvrez jusqu’à la fin de la semaine le Festival ¡ Viva Villa ! 2017. Ce rendez-vous regroupe des œuvres d’artistes ayant séjourné l’année passée dans les trois académies de France à l’étranger :  la Villa Médicis à Rome en Italie, la Casa de Velázquez à Madrid en Espagne, et la Villa Kujoyama à Kyoto au Japon.

Muriel Mayette-Holtz, la directrice de la villa romaine, en détaille ici l’esprit :

Ainsi, jusqu’à la Nuit Blanche 2017 à Paris, place Dalida à Montmarte, dans la Cité internationale des arts, vous déambulerez entre installations, projections vidéo, exposition de sculptures, peintures ou dessins, travaux d’écriture, inventions musicales inédites, et autres créations de tous poils.

Simon Rouby, vidéaste, Lucie de Barbuat et Simon Brodbeck photographes, évoquent cette expérience :

Alvise Sinivia, lui, présente « Cordes à vide ». Ce musicien curieux et constamment en recherche, renouvelle en permanence son rapport à l’instrument dont il expérimente depuis plusieurs années les paradoxes et limites sonores et physiques. Écouter un extrait :

Riyad Fghani : le hip-hop connecté !

Née à Lyon, la compagnie Pockemon Crew, dont Riyad Fghani est le directeur artistique, a réussi à faire entrer le hip-hop dans les théâtres et sur les scènes les plus diverses, par des spectacles de qualité. On se souvient de « Silence on tourne », qui replongeait avec bonheur dans l’univers du cinéma d’avant-guerre.

Avec « Hashtag 2.0« , les danseurs de la rue s’emparent de nos nouveaux comportements face aux objets connectés. Être accroché à son smartphone, passer des heures sur son ordinateur, abuser de sa tablette, voilà qui a modifié le rapport aux autres, mais aussi le rapport à son propre corps. Les postures sont nouvelles, les démarches évoluent, la gestuelle se codifie.

@ Gilles Aguilar

Pour autant, la poésie n’est pas absente de ce magnifique spectacle, ce qui nous rappelle qu’elle ne doit pas être absente de la vie non plus. La créativité qui déborde des différents tableaux pousse notre imaginaire vers des horizons inédits. Les corps se mêlent entre sensualité et puissance, et offrent un miroir de cette nouvelle société de la connexion qui, paradoxalement, réduit le contact à l’autre.

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« Hasthag 2.0 », à Bobino jusqu’au 7 octobre.

Kaouther Adimi sur les traces d’Edmond Charlot

Ce fut l’un des plus grands éditeurs d’avant guerre. Edmond Charlot a publié Albert Camus, Emmanuel Roblès, Jules Roy, Vercors et bien d’autres. Cet Algérois de naissance fut aussi éditeur de revue, galeriste, libraire, passeur de littérature. Dans la librairie qu’il avait ouverte à Alger, « Aux vraies richesses » (nom emprunté au titre d’un livre de Giono), il organisait des rencontres, des débats, prêtait des ouvrages.

Kaouther Adimi, déjà repérée pour son précédent roman « Des pierres dans ma poche », s’est emparée de ce personnage romanesque pour construire une histoire touchante. L’Algérie dans ses douleurs et ses joies habite aussi « Nos richesses » (Seuil), un très beau livre inscrit dans la première sélection des Goncourt.

Pour cette jeune écrivaine, elle aussi née à Alger, les richesses de son pays ne sont pas seulement le pétrole, le gaz ou le soleil, mais aussi et surtout son histoire, sa culture, ses auteurs, ses artistes, sa littérature…

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Eric Baudelaire : l’art face à l’actualité.

L’art peut-il – doit-il – avoir son mot à dire face aux actualités douloureuses que sont les attentats du Bataclan ou le jihad en Syrie ? Pour réfléchir à cette question, le Centre Pompidou, à Beaubourg, à Paris, a donné carte blanche au cinéaste, photographe, et plasticien Eric Baudelaire.

Son dernier film, Also Known As Jihadi (2017), exposé pour la première fois en France, est au cœur de ce dispositif. Il suit le parcours d’Aziz, de Vitry-sur-Seine jusqu’au Tribunal correctionnel. Il mène une enquête tâtonnante sur une réalité qui dépasse l’événement. Une réalité saturée de lectures interprétatives et dont la complexité résiste à la compréhension.

Dans l’espace de la galerie d’exposition laissé libre, se répondent les œuvres d’artistes du passé et du présent : Constantin Brancusi, Jean-Luc Godard, Rosemarie Trockel, Andrei Monastyrsky, Jo Ractliffe, Lawrence Abu Hamdan.

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« Après », au Centre Pompidou du 6 au 18 septembre.

Janine Boissard inspirée par le Périgord

Janine Boissard © John Foley (Opale/Fayard)

Janine Boissard est une romancière au long cours, et au public large : une quarantaine de livres au total, tous à succès, et toujours des histoires proches de nous. Chaque fois, ses personnages nous sont familiers, leurs petites manies nous en rappellent certaines des nôtres, ils agissent comme n’importe qui pourrait le faire dans la même situation.

Pourtant, derrière cette normalité de façade, se cachent des comportements inédits, des secrets interdits, des relations étranges. Les intrigues se nouent au fil des pages pour se libérer à la fin. On est emportés par l’histoire, et à la fin il y a toujours une surprise.

Dans « La lanterne des morts », chez Fayard, Janine Boissard a été inspirée par le Périgord, mais le drame se noue autour de la bipolarité de Lila, l’un des personnages principaux, qui donne du souci à sa sœur Adèle dont l’amoureux, Vivien est menacé.

L’écrivain est ici L’Invité Culture.

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Amitiés impossibles ou virtuelles…

Emmanuel Bove est un écrivain du début du 20° siècle, tombé dans l’oubli puis remis à l’honneur, et encore trop méconnu. L’écriture directe, froide mais non dénuée d’humour, décortique jusqu’à l’os la société de son époque, en particulier le monde des pauvres, des gens de peu, mais qui gardent leur dignité, leur courage, et leur intégrité.

Cette manière de raconter happe le lecteur, et Jean-Luc Bitton avoue – dans la préface du premier roman d’Emmanuel Bove, Mes amis, (republié par l’Arbre Vengeur) – qu’on devient facilement accroc, jusqu’à entrer dans « cette confrérie de lecteurs, admirateurs, inconditionnels, une sorte de franc-maçonnerie hétéroclite » que forment les aficionados « boviens ».

Victor Bâton, un trentenaire qui tire le diable par la queue, vit dans l’obsession de se faire des amis. Les portraits, brossés comme des nouvelles, de ses rencontres de hasard démontrent très vite que ces « amis » là n’en seront jamais ! Par son regard acéré, Bove dépeint une humanité pas forcément réjouissante, mais si agréable à lire…

Autre amitié, à la fois réelle et virtuelle : celle pour Jane de Marnie, petite fille solitaire qui vit au bord des falaises sur une île bretonne. Dans son dernier roman Le vertige des falaises (chez Plon), Gilles Paris – qui a déjà publié Autobiographie d’une courgette ou L’été des lucioles – voltige entre les personnages, dans des relations d’amitié ou de famille fragilisées par de lourds secrets.

L’écriture, chapitre après chapitre entre vérité et mensonges, entre mirage et réalité, nous donne le tournis comme ces falaises que l’auteur semble si bien connaitre. Chacun prend à son tour la parole pour saisir ce récit choral et nous dévoiler peu à peu ce que tous savent, dans cette histoire, mais que personne n’ose avouer, jusqu’à la fin…

Visiter la Floride et Cuba autrement…

Saviez-vous que les premiers camps de concentration de l’histoire ont été crées par les Espagnols, lors de la guerre d’indépendance cubaine de 1895 ? Le dernier gouverneur de l’île – voulant empêcher les paysans de soutenir les insurgés – les enferma dans des camps appelés en espagnol reconcentratión.

Saviez-vous qu’un festival international de la mangue se tient chaque année, durant le deuxième semaine de juillet, à Miami dans le jardin tropical de Coral Gables ? Il faut dire que plus de 200 variétés de ce délicieux fruit sont cultivés en Floride, fruit que l’on savoure sous toutes ses formes (dessert, salade, fruit, glace, jus, etc.)

Lors d’un récent salon du livre, l’écrivain cubain William Navarrete m’a longuement parlé de son pays, et de Miami. Ce romancier, poète et historien d’art est né à Cuba en 1968, et depuis vingt ans il vit en France, entre Paris et Nice. Il a publié, dans la collection des Dictionnaires Insolites, chez Cosmopole, deux opus consacrés l’un à la Floride, l’autre à Cuba.

La ville exubérante des tropiques étant au cœur de mon dernier roman, et l’île en forme d’alligator (où j’ai procédé à quelques repérages cet été) servant de cadre à une des nouvelles de mon prochain recueil, j’ai évidemment emporté les deux ouvrages dans mes valises cet été.

Pertinence des thèmes choisis, quelques vérités remises en avant, découvertes de lieux inédits, meilleure compréhension de ces deux pays, William Navarrete est un compagnon précieux pour aller à la rencontre de Cuba ou de la Floride. À recommander pour tout voyageur désireux de sortir un peu des sentiers battus.

Ito Naga, poète aux Lectures sous l’arbre

Ito Naga © Régis Nardoux

Sur le plateau du Vivarais, les chênes ne sont pas monnaie courante. Il en est un, toutefois, qui est connu de toute la région, et même au-delà, car il sert d’emblème aux Lectures sous l’arbre, un festival de poésie jusqu’au 20 août au Chambon-sur-Lignon.

Il a été planté par l’éditeur Jean-François Magnier, venu s’installer là il y a 35 ans, au lieu-dit Le Cheyne, mais avec un « y ». 35 ans plus tard, le succès est là, Cheyne Éditeur est l’un des principaux acteurs du monde de la poésie, et organise tous les ans, sous l’arbre fétiche donc, des rencontres-lecture avec des poètes et des écrivains de tous horizons.

Parmi les auteurs invités, l’astrophysicien Ito Naga. Ce scientifique qui a travaillé à la Nasa et à l’Agence Spatiale Européenne, a publié son premier recueil – « Je sais » – au Cheyne Éditeur il y a une dizaine d’années.

Il est ici L’Invité Culture, et sera présent mercredi et jeudi pour ses « lectures sous l’arbre ».

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Lectures avec passion !

La passion face à la raison ! Dans « Éloge de la passion » (Denoël), Carlotta Clerici nous livre un amour fou, inattendu, brusque, total, qui balaie tout sur son passage : une vie en construction, un corps à vif, une conscience incertaine. Qui sait comment chacun de nous peut réagir face à ce cruel dilemme ? On ne bâtit pas une vie sur une passion, mais la raison peut-elle porter une existence entière ?

La question n’est pas nouvelle ; dans ce premier roman la dramaturge italienne (auteur de plusieurs pièces à succès dont « Ce soir j’ovule » jouée par Catherine Marchal) s’en empare avec force et conviction. Matilde, musicienne de talent, est emportée par sa rencontre avec le photographe Francesco sur les rives du lac de Côme, et le lecteur avec…

Autre passion, celle que prolonge Christophe Ono-Dit-Biot dans « Croire au merveilleux » (Gallimard). Après avoir perdu l’amour de sa vie dans de lointaines mers (voir « Plonger »), César veut quitter ce monde, malgré le fils que Paz lui a laissé. Les aimait-elle encore tous les deux pour être allée se noyer si loin de chez elle ? Avait-elle prémédité de ne jamais revenir ni les revoir ?

Ces questions hantent le héros, qui est sauvé de sa tentative de suicide par sa nouvelle voisine : Nana. Celle-ci l’entraine alors dans un voyage initiatique vers les lieux fondateurs de son histoire avec Paz, qui le rapproche de leur fils Hector. Nana, mirage de l’amour renaissant et déculpabilisé de la mort de Paz.

Avec habileté, Christophe Ono-Dit-Biot retisse, autour d’une relation impossible, les fils d’une passion disparue, avec une très jolie fin qui offre, en effet, de croire au merveilleux

 

Pierre Génisson a rencontré Mozart

Voilà un garçon de trente ans qui est l’un des meilleurs clarinettistes solistes du moment.

Pierre Génisson a cumulé les premiers prix avant de se lancer dans une carrière internationale. Ce Marseillais se partage désormais entre la France et les États-Unis, joue avec les plus grands orchestres d’Europe, d’Amérique ou du Japon, et vient d’enregistrer un disque avec le Quartet 212, un quatuor à cordes de solistes du Metropolitan Opera de New York : « How I met Mozart » (chez Aparté).

De passage à Paris entre plusieurs récitals dans des festivals d’été en France – il sera la semaine prochaine aux Jeudis Musicaux de Royan (attention ce sera le mardi 8 !), puis le 16 août à Perros-Guirrec, et à Entrecasteaux à la fin du mois – le clarinettiste est ici L’invité Culture.

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