Richard Orlinski, de l’art sans les codes ?

© richardorlinski.fr

Dès sa plus tendre enfance, Richard Orlinski fabriquait des petites sculptures, mais la vie l’a poussé dans d’autres directions. Impliqué dans l’immobilier, homme d’affaires, il a toujours gardé cette envie dans un coin de sa tête jusqu’au jour où il s’est lancé. Hasard des rencontres, propositions dans l’air du temps, sens aigu de la communication, en quelques mois l’homme est devenu l’un des artistes français les plus vendus dans le monde.

Certains crient haro sur le non-artiste. D’autres jalousent son succès planétaire. Il n’empêche, Richard Orlinski a réussi à percer dans un monde extrêmement fermé. Pour cela, il a dû briser quelques règles, comme le martèle son dernier livre (chez Michel Lafon) : Pourquoi j’ai cassé les codes.

Orlinski, ici L’Invité Culture, expose tout l’été à Saulieu, en collaboration avec le musée Pompon.

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Sylvain Tesson, le voyageur éternel

Malgré la chute qui a failli lui coûter la vie, l’écrivain voyageur Sylvain Tesson a repris le chemin vers l’inconnu. Il a besoin d’horizons, il aime plonger dans les aventures les plus fortes. Après de longues semaines de coma, à l’été 2014, il se montre plus prudent, mais arpente à nouveau les pentes alpines et se propulse avec bonheur vers les pays les plus lointains.

Tesson est ainsi, il a besoin de ce balancier entre l’écriture, activité pour le moins apaisée et sédentaire, et la folie d’aller quérir ailleurs une part de lui-même. Ces deux extrêmes l’animent toujours, néanmoins il tente à présent de réduire les convulsions de la vie à Une très légère oscillation ; c’est le titre de son dernier livre, aux éditions Équateurs.

Dans ce journal de bord, écrit sur trois années avant et après son accident dans les Alpes, Sylvain Tesson nous entraine dans une philosophie de jouissance de la vie, cette trajectoire tellement courte qu’il faut en savourer chaque seconde, ainsi que l’affirmait Vladimir Jankélévitch.

Sylvain tesson est ici L’invité Culture.

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Bientôt l’Académie musicale Philippe Jaroussky

Sa voix fait frissonner le monde entier, à laquelle son visage de jeune homme ajoute une touche angélique, Philippe Jaroussky transmet de l’émotion dès qu’il chante. Il entend désormais aussi transmettre ses connaissances, sa technique, et son amour de la musique.

À la Seine Musicale, magistral ensemble culturel des Hauts-de-Seine qui a ouvert ses portes à la pointe de l’île Séguin, à Boulogne, le contre-ténor créé une Académie qui porte son nom. La première promotion y sera accueillie dès la rentrée de septembre.

Par ailleurs, Jaroussky, dont la passion pour Orphée est immense, vient de sortir un album rassemblant des versions de l’œuvre par différents compositeurs : Rossi, Monteverdi, et Sartorio. Le disque s’appelle Orfeo, sous le label Erato.

Philippe Jaroussky est ici L’Invité Culture.

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Simone Veil au Panthéon ?

Simone Veil a bien sûr été en pointe dans la lutte pour les droits des femmes. On se souvient des conditions épouvantables dans lesquelles a dû lutter pour faire passer la loi sur l’avortement. Elle a aussi été un ardent défenseur de l’Europe. Rescapée des camps, l’ancienne ministre et ancienne président du parlement européen, incarnait la mémoire de l’extermination des Juifs.

J’avais reçu Simone Veil en 2005, quand elle était venue défendre l’Europe…

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Pour ne pas oublier l’œuvre de Simone Veil, plusieurs pétitions réclament son entrée au Panthéon. Parmi les signataires Laurence Parisot, ancienne patronne du Medef, qui qui souhaite aussi qu’Antoine Veil accompagne la femme de sa vie.

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Sandrine Rabassa : le flamenco s’exprime à Mont-de-Marsan

S. Rabassa © franceinfo

Quel lien unit la ville de Mont-de-Marsan, dans les Landes, et la danse emblématique de l’Andalousie, le flamenco ? Un homme, l’ancien président du département, aujourd’hui disparu, Henri Emmanuelli, passionné de cet art, à la fois musical et chorégraphique.

Voilà comment est né, il y a une trentaine d’années, le festival Arte Flamenco, dont Sandrine Rabassa est la directrice artistique.

Pour ouvrir le bal, lundi soir, le Ballet de Andaloucia, un grand classique. Mais il y aura aussi des moments plus originaux, comme le spectacle Catedral, mercredi, porté par Patricia Guerrero dont on dit qu’elle est la meilleure danseuse de sa génération. Sans oublier les grandes voix du genre, notamment Marina Heredia, mardi soir à Mont-de-Marsan.

Sandrine Rabassa est ici L’Invité Culture.

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Guillaume Musso : « La réalité sera toujours plus forte que la fiction ! »

Guillaume Musso © Emanuele Scorcelletti

Qui est Sean Lorenz, ce peintre disparu dont l’art a troublé puis enflammé les galeries ? Pourquoi a-t-il cessé de peindre après la naissance de son fils Julian ? Dans quelles conditions Julian a-t-il été assassiné ? Existe-t-il des toiles secrètes de l’artiste ?

Toutes ces questions déboulent d’un coup dans la vie de deux personnages aux antipodes, une ancienne flic et un auteur de théâtre, qui se retrouvent à cohabiter malgré eux. Madeline et Gaspard ont loué, suite à une erreur de l’agence, le même appartement à Paris, qui n’est autre que l’ancien atelier de Lorenz.

Comme à son habitude, Guillaume Musso nous entraine dans le vertige d’un page turning haletant. La construction est remarquable, à l’américaine, parfaite du début à la fin. La thématique autour de la création – qui naitrait de la douleur – ne laisse pas indifférent (Musso lui-même souffre-t-il en écrivant ? Il s’en défend…). Et le final laisse une fois de plus admiratif dans l’imagination de ce romancier hors norme, 28 millions d’exemplaires vendus dans le monde.

Un appartement à Paris (XO Éditions) est un « cold case », ce qui permet à Musso, ici L’Invité Culture, de réagir après l’affaire Grégory : « La réalité sera toujours plus forte que la fiction ! »

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Michel Bernard : la passion pour Monet

Voilà un sous-préfet qui aime écrire à ses heures perdues. Michel Bernard possède, il est vrai, ce qu’on appelle une « belle plume ». Ses précédents livres, notamment ceux sur Ravel et Genevoix, avaient déjà connu un écho favorable. Deux remords de Claude Monet, aux éditions Grasset, a reçu cette semaine le prix des Libraires en Seine, une association qui regroupe une quinzaine de librairies de l’ouest parisien.

Dans ce roman, on découvre comment Frédéric Bazille, peintre et ami de jeunesse de Monet tué à la guerre de 1870, ainsi que Camille la première femme de Monet morte d’un cancer à 32 ans, l’ont hanté jusqu’à sa mort. Deux ombres, deux fantômes, deux remords, et une puissance d’évocation, dans l’écriture, à couper le souffle.

Michel Bernard est L’Invité Culture.

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La fête méditerranéenne

Chaque année, au mois de juin, les lauréats des Prix Méditerranée se retrouvent dans le très bel hôtel de la rue Masseran, à Paris, à la Fédération des Caisses d’Épargne. Moment de fête et de partage autour de ceux que les différents jurys ont récompensés.

Cette année, membre du jury « roman français », j’ai donc participé au couronnement de Metin Arditi, pour L’enfant qui mesurait le monde (Grasset). Dans ce très beau livre sur la force de l’art versus les puissances de la finance, l’auteur rapproche la Grèce antique des tourments hellènes actuels face au FMI. Une parabole magnifique qui confirme qu’une bonne harmonie entre créateurs et mécènes reste la meilleure alchimie possible.

Notre jury s’était réuni quelques semaines auparavant autour de notre président, Dominique Fernandez, pour un riche débat d’idées et de confrontations littéraires.

Parmi les autres prix, à retenir Ce qui reste de la nuit de Ersi Sotiropoulos (prix Étranger), Désordre du jour de Henri Droguet (prix Poésie), L’Orient derrière soi (prix de l’essai) d’André Tubeuf, et Oeuvres vagabondes (prix du livres d’art) de Titouan Lamazou (ici à gauche).

Xavier Sabata : un contretenor au physique de boxeur !

Il a une carrure de videur de boite de nuit, l’allure d’un champion de boxe, des yeux vert acier, et une voix de velours.

Un paradoxe dont joue Xavier Sabata, comme le montre la pochette de son dernier disque Catharsis, chez Aparté. Mise en valeur des sentiments, libération des affects, le chanteur est allé puiser cette « catharsis » dans le répertoire italien du XVIII° siècle.

Sabata chante avec l’ensemble grec Armonia Atenea, sous la direction de George Petrou, et le mariage offre de très belles pépites, remarquées par la critique, comme la pièce Gelido in Ogni Vena, de Vivaldi.

Xavier Sabata est L’Invité Culture.

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Stéphanie Tesson : « Je sens la présence de Molière »

Le Mois Molière, à Versailles, deuxième festival théâtral de France derrière Avignon, attire 100 000 spectateurs au fil des 350 représentations partout dans la ville du dramaturge. Les troupes s’installent dans les lieux de représentations, mais aussi sur des tréteaux montés ça-et-là, ou tout simplement au coin d’un trottoir.

Fidèle de ce rendez-vous, où depuis plusieurs années elle a proposé notamment des vagabondages issus de son imagination dans le potager du roi, l’actrice et metteur en scène Stéphanie Tesson s’attaque pour la première fois à un texte du mythique auteur : Amphitryon, texte qui a donné deux noms communs à notre langue, sosie et amphitryon, les deux héros de ce drame.

Le spectacle est joué ce week-end à La Grande Écurie, dans un cadre impressionnant qui laisse dire à L’Invité Culture : « Je sens la présence de Molière ».

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