Ito Naga, poète aux Lectures sous l’arbre

Ito Naga © Régis Nardoux

Sur le plateau du Vivarais, les chênes ne sont pas monnaie courante. Il en est un, toutefois, qui est connu de toute la région, et même au-delà, car il sert d’emblème aux Lectures sous l’arbre, un festival de poésie jusqu’au 20 août au Chambon-sur-Lignon.

Il a été planté par l’éditeur Jean-François Magnier, venu s’installer là il y a 35 ans, au lieu-dit Le Cheyne, mais avec un « y ». 35 ans plus tard, le succès est là, Cheyne Éditeur est l’un des principaux acteurs du monde de la poésie, et organise tous les ans, sous l’arbre fétiche donc, des rencontres-lecture avec des poètes et des écrivains de tous horizons.

Parmi les auteurs invités, l’astrophysicien Ito Naga. Ce scientifique qui a travaillé à la Nasa et à l’Agence Spatiale Européenne, a publié son premier recueil – « Je sais » – au Cheyne Éditeur il y a une dizaine d’années.

Il est ici L’Invité Culture, et sera présent mercredi et jeudi pour ses « lectures sous l’arbre ».

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Lectures avec passion !

La passion face à la raison ! Dans « Éloge de la passion » (Denoël), Carlotta Clerici nous livre un amour fou, inattendu, brusque, total, qui balaie tout sur son passage : une vie en construction, un corps à vif, une conscience incertaine. Qui sait comment chacun de nous peut réagir face à ce cruel dilemme ? On ne bâtit pas une vie sur une passion, mais la raison peut-elle porter une existence entière ?

La question n’est pas nouvelle ; dans ce premier roman la dramaturge italienne (auteur de plusieurs pièces à succès dont « Ce soir j’ovule » jouée par Catherine Marchal) s’en empare avec force et conviction. Matilde, musicienne de talent, est emportée par sa rencontre avec le photographe Francesco sur les rives du lac de Côme, et le lecteur avec…

Autre passion, celle que prolonge Christophe Ono-Dit-Biot dans « Croire au merveilleux » (Gallimard). Après avoir perdu l’amour de sa vie dans de lointaines mers (voir « Plonger »), César veut quitter ce monde, malgré le fils que Paz lui a laissé. Les aimait-elle encore tous les deux pour être allée se noyer si loin de chez elle ? Avait-elle prémédité de ne jamais revenir ni les revoir ?

Ces questions hantent le héros, qui est sauvé de sa tentative de suicide par sa nouvelle voisine : Nana. Celle-ci l’entraine alors dans un voyage initiatique vers les lieux fondateurs de son histoire avec Paz, qui le rapproche de leur fils Hector. Nana, mirage de l’amour renaissant et déculpabilisé de la mort de Paz.

Avec habileté, Christophe Ono-Dit-Biot retisse, autour d’une relation impossible, les fils d’une passion disparue, avec une très jolie fin qui offre, en effet, de croire au merveilleux

 

Pierre Génisson a rencontré Mozart

Voilà un garçon de trente ans qui est l’un des meilleurs clarinettistes solistes du moment.

Pierre Génisson a cumulé les premiers prix avant de se lancer dans une carrière internationale. Ce Marseillais se partage désormais entre la France et les États-Unis, joue avec les plus grands orchestres d’Europe, d’Amérique ou du Japon, et vient d’enregistrer un disque avec le Quartet 212, un quatuor à cordes de solistes du Metropolitan Opera de New York : « How I met Mozart » (chez Aparté).

De passage à Paris entre plusieurs récitals dans des festivals d’été en France – il sera la semaine prochaine aux Jeudis Musicaux de Royan (attention ce sera le mardi 8 !), puis le 16 août à Perros-Guirrec, et à Entrecasteaux à la fin du mois – le clarinettiste est ici L’invité Culture.

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Richard Orlinski, de l’art sans les codes ?

© richardorlinski.fr

Dès sa plus tendre enfance, Richard Orlinski fabriquait des petites sculptures, mais la vie l’a poussé dans d’autres directions. Impliqué dans l’immobilier, homme d’affaires, il a toujours gardé cette envie dans un coin de sa tête jusqu’au jour où il s’est lancé. Hasard des rencontres, propositions dans l’air du temps, sens aigu de la communication, en quelques mois l’homme est devenu l’un des artistes français les plus vendus dans le monde.

Certains crient haro sur le non-artiste. D’autres jalousent son succès planétaire. Il n’empêche, Richard Orlinski a réussi à percer dans un monde extrêmement fermé. Pour cela, il a dû briser quelques règles, comme le martèle son dernier livre (chez Michel Lafon) : Pourquoi j’ai cassé les codes.

Orlinski, ici L’Invité Culture, expose tout l’été à Saulieu, en collaboration avec le musée Pompon.

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Antoine Beauvilliers : le premier restaurant

Restaurant du temps de Beauvilliers

Lequel des deux inspire l’autre ? Beauvilliers suggère-t-il l’idée du ballon aux frères Montgolfier, venus déguster chez lui son inédit soufflé de pomme de terre ? La montgolfière, pilotée par Pilâtre de Rozier dans le ciel de Paris en 1783, nourrit-elle la créativité du restaurateur dans la conception de son plat ? Peut-être ne faut-il chercher aucun lien entre les deux !

Beauvilliers, en tous cas, est entré dans l’histoire comme l’inventeur du soufflé, et comme le cuisinier à avoir tenu le tout premier restaurant. Car jusque-là, les repas hors du domicile sont réservés aux amis, ou alors il faut dormir dans une auberge, qui ajoute un couvert au gîte. Les corporatismes freinent les mélanges, même si les rôtisseurs glissent discrètement un gobelet de vin avec leurs viandes, les pâtissiers ajoutent une boisson à leurs charcuteries, les traiteurs complètent leurs plats par un dessert. Déjà, en 1765, un nommé Boulanger avait ouvert un « bouillon », sorte de buvette où l’on se restaurait, comme le proclamait le panneau à l’entrée : « Boulanger débite des restaurants divins ! » Mais c’est bien Beauvilliers qui marque la transition du participe passé – un plat « restaurant » – vers le substantif : un lieu où l’on se nourrit.

Pour lui rendre hommage, Thierry Marx dans L’Histoire à la Carte vous propose sa recette de soufflé de pommes de terre.

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Ingrédients pour quatre : 600 g de pommes de terre, 4 œufs, 20 cl de lait, 90 g de beurre, 2 truffes, sel et poivre.

Préparation : Éplucher les pommes de terre, les couper en morceaux ; les faire cuire dans de l’eau salée, puis les réduire en purée (les passer éventuellement au tamis). Préchauffer le four à 180°C (th. 6). Séparer les jaunes et les blancs des œufs. Hacher les truffes. Dans une casserole, mélanger sur feu doux la purée, le beurre, le lait. Hors du feu, ajouter les jaunes un à un, incorporer les truffes ; saler, poivrer. Monter les blancs en neige et ajouter délicatement au précédent mélange. Remplir des moules à soufflé beurrés et farinés, les disposer sur une plaque ; enfourner 20 minutes. Servir et manger de suite.

Sylvain Tesson, le voyageur éternel

Malgré la chute qui a failli lui coûter la vie, l’écrivain voyageur Sylvain Tesson a repris le chemin vers l’inconnu. Il a besoin d’horizons, il aime plonger dans les aventures les plus fortes. Après de longues semaines de coma, à l’été 2014, il se montre plus prudent, mais arpente à nouveau les pentes alpines et se propulse avec bonheur vers les pays les plus lointains.

Tesson est ainsi, il a besoin de ce balancier entre l’écriture, activité pour le moins apaisée et sédentaire, et la folie d’aller quérir ailleurs une part de lui-même. Ces deux extrêmes l’animent toujours, néanmoins il tente à présent de réduire les convulsions de la vie à Une très légère oscillation ; c’est le titre de son dernier livre, aux éditions Équateurs.

Dans ce journal de bord, écrit sur trois années avant et après son accident dans les Alpes, Sylvain Tesson nous entraine dans une philosophie de jouissance de la vie, cette trajectoire tellement courte qu’il faut en savourer chaque seconde, ainsi que l’affirmait Vladimir Jankélévitch.

Sylvain tesson est ici L’invité Culture.

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Bientôt l’Académie musicale Philippe Jaroussky

Sa voix fait frissonner le monde entier, à laquelle son visage de jeune homme ajoute une touche angélique, Philippe Jaroussky transmet de l’émotion dès qu’il chante. Il entend désormais aussi transmettre ses connaissances, sa technique, et son amour de la musique.

À la Seine Musicale, magistral ensemble culturel des Hauts-de-Seine qui a ouvert ses portes à la pointe de l’île Séguin, à Boulogne, le contre-ténor créé une Académie qui porte son nom. La première promotion y sera accueillie dès la rentrée de septembre.

Par ailleurs, Jaroussky, dont la passion pour Orphée est immense, vient de sortir un album rassemblant des versions de l’œuvre par différents compositeurs : Rossi, Monteverdi, et Sartorio. Le disque s’appelle Orfeo, sous le label Erato.

Philippe Jaroussky est ici L’Invité Culture.

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Simone Veil au Panthéon ?

Simone Veil a bien sûr été en pointe dans la lutte pour les droits des femmes. On se souvient des conditions épouvantables dans lesquelles a dû lutter pour faire passer la loi sur l’avortement. Elle a aussi été un ardent défenseur de l’Europe. Rescapée des camps, l’ancienne ministre et ancienne président du parlement européen, incarnait la mémoire de l’extermination des Juifs.

J’avais reçu Simone Veil en 2005, quand elle était venue défendre l’Europe…

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Pour ne pas oublier l’œuvre de Simone Veil, plusieurs pétitions réclament son entrée au Panthéon. Parmi les signataires Laurence Parisot, ancienne patronne du Medef, qui qui souhaite aussi qu’Antoine Veil accompagne la femme de sa vie.

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Charles Barrier, le seul triple étoilé du Val-de-Loire

Charles Barrier n’a pas connu la renommée de certains de ses contemporains, en matière de gastronomie. Il fut pourtant un grand chef, seul triple étoilé du Val-de-Loire. Installé à Tours, il y a vécu une carrière longue et bien remplie.

Tout au long d’une vie qui ne l’a pas épargné, il s’est battu : pour sortir d’une enfance pauvre, pour monter son affaire, pour la reconstruire après un bombardement, pour devenir meilleur ouvrier de France, pour conquérir trois étoiles, pour se remettre d’une faillite à 72 ans.

Derrière son aspect bourru, le personnage est attachant. Il défend des convictions modernistes – à l’origine d’une cuisine française « ressourcée » – bien qu’ancrées dans la tradition.

Pour lui rendre hommage dans L’Histoire à la carte, Thierry Marx propose sa recette de poulet au vinaigre de framboise.

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Ingrédients pour quatre : 1 poulet (entre 1,5 et 2 kilos), 80 g de beurre, 100 g de crème fraîche, 4 tomates fraîches concassées, 25 cl de vinaigre de framboise, 2 gousses d’ail haché, 20 g d’échalotes hachées, 1 cuillère à soupe de persil haché, sel, poivre.

Préparation : Découper le poulet en six morceaux. Dans une cocotte, faire fondre 50 g de beurre, bien le chauffer, y déposer les morceaux de poulets assaisonnés de sel et de poivre. Colorer doucement et couvrir. Au bout de 5 minutes, retourner les morceaux, couvrir à nouveau, et laisser cuire encore une dizaine de minutes, doucement. Égoutter un peu du beurre de cuisson, ajouter les échalotes en les faisant bien suer et en remuant les morceaux de poulet. Déglacer au vinaigre de framboise, laisser réduire de moitié. Ajouter le tomate concassée, l’ail haché et laisser cuire à couvert. Après 5 minutes, décanter les morceaux de poulet dans un plat creux et ajouter la crème. Laisser réduire de moitié. Ajouter les 30 g de beurre restant, à cru, en remuant hors du feu. Vanner (remuer la sauce lentement en faisant bouger le plat) sans bouillir. Vérifier l’assaisonnement, napper sur les morceaux et saupoudrer de persil haché frais.

Sandrine Rabassa : le flamenco s’exprime à Mont-de-Marsan

S. Rabassa © franceinfo

Quel lien unit la ville de Mont-de-Marsan, dans les Landes, et la danse emblématique de l’Andalousie, le flamenco ? Un homme, l’ancien président du département, aujourd’hui disparu, Henri Emmanuelli, passionné de cet art, à la fois musical et chorégraphique.

Voilà comment est né, il y a une trentaine d’années, le festival Arte Flamenco, dont Sandrine Rabassa est la directrice artistique.

Pour ouvrir le bal, lundi soir, le Ballet de Andaloucia, un grand classique. Mais il y aura aussi des moments plus originaux, comme le spectacle Catedral, mercredi, porté par Patricia Guerrero dont on dit qu’elle est la meilleure danseuse de sa génération. Sans oublier les grandes voix du genre, notamment Marina Heredia, mardi soir à Mont-de-Marsan.

Sandrine Rabassa est ici L’Invité Culture.

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